Congo-Kinshasa: L'opération "Kin Bopeto" en panne

26 Décembre 2019

L'assainissement de Kinshasa, lancé, avec pompe, par le chef de l'État, a du plomb dans l'aile. Les éboueurs ont séché le nettoyage de la ville avant d'être éconduits comme des va-nu-pieds.

La capitale congolaise est loin de revêtir sa robe des années 70, au début de "Salongo", ces travaux d'intérêt communautaire initiés par le président Mobutu. Immondices et autres détritus sont de nouveau au rendez-vous.

De "Kin Bopeto" à "Kin Bosoto", il n'y a qu'un pas. Cette opération, initiée par le gouverneur Gentiny Ngobila pour rendre la ville de Kinshasa salubre, a été lancée le 19 octobre dernier à partir de la commune de Bandalungwa dans la capitale congolaise. Deux mois après, aucune avancée n'est perceptible dans la mesure où les éboueurs engagés pour cette fin ont arrêté le travail pour réclamer leurs arriérés de douze mois de salaires.

Les immondices et autres détritus ont de nouveau envahi la ville. Surtout dans la commune de Gombe qui abrite la plupart d'institutions tant nationales qu'internationales. Artères principales et autres avenues de cette municipalité sont jonchées d'ordures constituées de papiers d'emballages. Lesquels, au moindre coup de vent, sont soulevés jusqu'à obstruer la vue des passants.

Autour du marché central de Kinshasa, des tas d'immondices y ont repris droit de cité mais ils ne dégagent pas encore une odeur nauséabonde. Et cela ne va pas tarder à amener les gens à se boucher le nez.

D'ailleurs, dans d'autres parties de Kinshasa telles que les communes de Kasa-Vubu sur l'avenue Saïo dans l'ancien cimetière désaffecté et de Kintambo non loin de l'Alimentation Babylone sur l'avenue Kasa-Vubu, les décharges publiques ne sont plus vidées. Imaginez le désagrément que cette situation cause à la population environnante et même aux passants. Cela avec l'odeur insupportable que libèrent ces dépotoirs.

C'est dire que "Kin Bopeto" est un coup d'épée dans l'eau. Un constat malheureux : Kinshasa redevient l'une des villes les plus sales au monde. Pourtant, cette initiative d'assainir la capitale congolaise est louable.

Le gouverneur Gentiny Ngobila s'est-il posé la question de savoir pourquoi ses prédécesseurs ont échoué dans leur tentative de faire de Kinshasa un environnement dans lequel il fait bon vivre ?

Enthousiastes au début comme l'actuel locataire de l'hôtel de ville, ils ont fini par s'essouffler et laisser pourrir la situation.

Ce n'est, en tout cas, pas ce que les Kinois attendent de Gentiny Ngobila. Qui, en principe, est appelé à bien mener une campagne de sensibilisation de ses administrés aux bienfaits de vivre dans un milieu assaini, salubre et aux méfaits et dangers de l'insalubrité.

En effet, la population doit être impliquée dans cette opération. Car, sans son adhésion, "Kin Bopeto" est vouée à l'échec.

En effet, il faudrait impérativement commencer par éduquer les Kinois pour le changement de leur comportement.

Le succès de l'opération dépend donc de l'implication de la population dans toute campagne sur la salubrité publique ; laquelle fait partie de la médecine préventive qui combat les causes de maladies. Il y va de la santé de la population.

En outre, il convient de chercher les voies et moyens pour répondre aux revendications des éboueurs qui sont dans leur droit d'être rémunérés pour le service rendu.

Le gouvernement provincial de Kinshasa ne doit pas seulement attendre l'intervention de l'exécutif central pour le paiement de leurs arriérés de salaires. Leur apport dans la lutte contre l'insalubrité dans la ville s'est quand même fait remarquer.

Après leur sit-in de triste mémoire surtout devant le cabinet de l'argentier national, où ils ont passé des nuits à la belle étoile, il y a de quoi faire preuve d'un peu d'humanité pour ces jeunes (filles et garçons) et mamans qui ont bravé les intempéries pour rendre la ville propre.

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