Congo-Kinshasa: Panique générale hier au Camp Lufungula !

27 Décembre 2019

A quelques détails près, le camp Lufungula nous a fait revivre dans la désolation, une nuit de Noël 2019 de toutes les frayeurs. Une nuit troublée que de nombreux policiers n'oublieront pas de sitôt. Une nuit agitée calquée sur une de ces scènes de violence que l'on suit ces derniers temps aux Etats-Unis. Un policier habité par la démence qui tire sur tout ce qui bouge. Bilan de la fusillade : trois morts dont deux victimes et l'auteur des tirs.

Ce drame est parti d'un fait insolite. Le vol de l'arme d'un des éléments de garde du Centre médical du Camp Lufungula. Assis à l'entrée de cet établissement sanitaire, le policier commis à la sécurité avec son arme AKA 47 dans les bras, était emporté par un profond sommeil. Non loin de là, Maboso, un policier du Commissariat provincial du Kongo central, souffrant des troubles mentaux, se trouvait en soins médicaux à Kinshasa. Au lieu de garder son lit de malade, il préférait prendre l'air dehors et admirer ls et les paysages. Le personnel soignant s'était habitué à le voir allongé à l'ombre d'un petit arbre.

Il n'était pas dangereux, a témoigné une des infirmières du Centre médical du Camp Lufungula, sous le sceau de l'anonymat. Quoi donc de plus normal que de le laisser humer l'air frais ! Mais comme les maladies évoluent en fonction de la qualité des soins, des remèdes ingurgités et de l'alimentation des patients, personne ne savait quand la situation sanitaire du jeune policier malade allait s'empirer ou s'améliorer.

Lundi 23 décembre 2019, Maboso s'ennuyait, seul à l'ombre de l'arbre, surveillant les faits et gestes du policier de garde, son arme dans ses bras. Furtivement, le malade s'est approché de lui et lui a administré un violent coup de bâton sur la tête. Le brigadier en chef Mbuyumu Kankonde Adolphe, matricule 1196805604205, s'est évanoui.

Conduit quelques minutes plus tard aux soins intensifs, il rendra l'âme. Maboso qui lui a arraché son AKA 47 avec un chargeur garni des munitions, est allé se dissimuler sur la toiture du Centre médical, où il pouvait suivre à partir de ce poste d'observation, les mouvements de piétons et véhicules. A la suite de quelques tirs en l'air vers 3 heures du matin pour fêter la Noël, sa présence est signalée sur la toiture. Panique d'abord au Camp Lufungula, avant de gagner tout le voisinage. Sur l'avenue Huileries, la circulation perturbée, les véhicules étaient devenus rares, préférant prendre d'autres artères.

De son observatoire, le policier malade a pu abattre le sous-commissaire principal Mayinga Kafinga alias Ayuwa, matricule 1197103952559, de la Police de circulation routière, qui regagnait son domicile, épuisé par une journée de dur labeur. Pour les deux morts, les walkie-talkie de la police lançait des alertes à tout bout de champ, alertant les responsables du Commissariat provincial de la police sur l'évolution de la situation au Camp Lufungula et de la panique dans les parages du camp des policiers. Car, il fallait étouffer les rumeurs d'un accrochage meurtrier incontrôlé entre policiers. C'est ainsi que les premières informations de la police signalaient que le calme était revenu.

Mais comment appréhender le policier détraqué mental, devenu dangereux et incontrôlé, arracher l'arme avec un chargeur encore garni ? Sans précision du déroulement de l'intervention menée sur le terrain, on apprendra de la police que le meurtrier a été acheminé aux soins intensifs de l'Hôpital général de référence de Kinshasa. Après que le médecin soignant a établi la cessation de ses fonctions vitales, le corps du policier Maboso a été consigné à la morgue, en attendant que les enquêtes ouvertes dans le cadre des incidents survenus au Camp Lufungula livrent leurs conclusions.

Dans la journée d'hier, après que le calme est revenu, le commissaire provincial de la police a déploré la mort de trois policiers dont le brigadier en chef Mbuyumu Kankonde Adolphe, présenté comme garde du corps du commissaire supérieur adjoint Kasongo.J.R.T.

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