Sénégal: La criminalisation du viol et de la pédophilie devrait induire "une plus grande protection" des femmes et des enfants (députée)

Dakar — La loi sur la criminalisation du viol et de la pédophilie devrait permettre au Sénégal de garantir aux femmes et aux enfants "une plus grande protection", a souligné vendredi à Dakar, la présidente du Collectif des femmes parlementaires, Awa Guèye.

Avec cette loi, " 20 ans après la réforme du Code pénal, le Sénégal va pouvoir franchir une nouvelle étape afin de garantir une plus grande protection" aux femmes et enfants, "particulièrement exposés" aux phénomènes de viol et de pédophilie, a-t-elle déclaré.

Mme Guèye intervenait à l'occasion d'un atelier portant sur le projet de loi criminalisant le viol et la pédophilie, organisé par le Collectif des femmes parlementaires, en présence notamment du garde des Sceaux et de la représentante régionale de l'ONUFEMMES.

L'année 2019 "s'avère être particulièrement dramatique pour toutes les femmes", a déploré la députée, soulignant que "les données statistiques ont montré la recrudescence des violences sexuelles dont les femmes sont victimes".

Ces "actes ignobles ont souvent débouché sur les meurtres, n'épargnant même pas les enfants", a-t-elle dit, ajoutant que les femmes attendaient "vivement" de l'Etat, sur ce dossier, "une sévérité dissuasive à l'égard des auteurs de ces actes indignes (...)".

"En co-organisant ce panel, le collectif, s'inscrit dans une logique permettant une appropriation du texte par l'ensemble des parties prenantes concernées", a-t-elle dit.

A l'en croire, cette réforme consacre "l'aboutissement des combats menés par les femmes à côtés desquelles, se trouvent des hommes résolument engagés pour la défense de la cause féminine".

"En posant un tel acte, l'Etat du Sénégal a encore réitéré sa ferme volonté de protéger et de promouvoir le respect des droits des femmes et des filles, pour l'éradication de toutes formes de violence perpétrées à leur égard", a souligné la directrice de la famille au ministère de la Femme, Fatou Ndiaye Dème.

Elle a souligné que selon une étude, sur les 6289 cas de violence enregistrés en 2018, 1321 concernent des cas de viol.

S'appuyant sur les statistiques de la Cellule de traitement des affaires criminelles du ministère de la Justice, elle a relevé qu'au cours des deux années précédentes, 565 dossiers sont liés à des infractions sexuelles telles que le viol et la pédophilie.

"Entre 2017 et 2018, 706 femmes et filles ont été victimes de viol conduisant à la mort. Pire, en 2019, 14 femmes ont été tuées suite à un viol, dont 3 mineurs en état de grossesse", a-t-elle déploré.

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