Burkina Faso: Situation nationale - L'Unité d'action syndicale échange avec l'Opposition politique

29 Décembre 2019

Le président du mois de l'Unité d'action syndicale (UAS), Bassolma Bazié et ses camarades ont partagé les préoccupations des travailleurs avec le Chef de file de l'opposition politique (Cfop), Zéphirin Diabré et les groupes parlementaires membres de l'opposition.

Un code de travail esclavagiste qui limite les dommages et intérêts en cas de licenciement, un code pénal défaillant, la ratification de la convention sur les rails, le respect des libertés syndicales et de presse sont, entre autres, les points de désaccords que l'UAS a échangés avec les leaders de l'opposition afin d'éclairer la classe politique.

« Il fallait évoquer tous ces éléments parce que ce sont des acquis démocratiques qui ont été arrachés de haute lutte par nos devanciers et nous qui tenons le flambeau aujourd'hui, nous n'avons pas droit à faiblir si nous ne pouvons pas faire mieux que nos devanciers. Nous devons faire en sorte à ce que les acquis qu'ils ont pu arracher puissent être sauvegardés» s'est exprimé Bassolma Bazié.

Il dénonce également une inégalité dans le prélèvement de l'IUTS qui pour lui, ne doit pas être prélevé sur les indemnités des secteurs privés et parapublics. Pour Bassolma Bazié, les syndicats ne sont pas contre le paiement de l'impôt, à l'entendre, «c'est cette supercherie de la part des dirigeants qui consiste à donner de la main droite et récupérer plus de la main gauche».

L'UAS s'indigne aussi contre l'instauration de la Caisse de dépôt et de consignation et l'assurance maladie universelle. « Sur ces points, nous avons dit que nous ne sommes pas d'accord parce que, on ne peut pas prendre des ressources des retraites de la Carfo, de la CNSS, de la Caisse nationale d'épargne et aller mettre dans une caisse et dire que c'est la caisse de dépôt et de consignation; d'autant que sous Sangoulé Lamizana (ancien président burkinabè de 1966/1980), la caisse qui existait, quand Thomas Sankara (président de 1983 à 1987) est arrivé, après évaluation, il se trouvait qu'il y avait 5 milliards de pertes de francs cfa non évalués. Il n y a pas eu de lumière sur cela et on crée une caisse « mouta mouta » dans l'ombre et on veut reverser les ressources des retraités. Si on ne fait pas attention, dans deux trois ans, les retraités ne seront pas payés », s'offusque Bassolma Bazié.

En ce qui concerne l'assurance maladie universelle, pour le président du mois de l'UAS, les Burkinabè sont déjà solidaires car, avance-t-il, « il n y a pas quelqu'un qui peut faire un mois sans aller rendre visite à un proche que cela soit pour des événements heureux ou malheureux (... ) Donc, nous sommes déjà solidaires. Maintenant si on veut ponctionner sur nos salaires, il faut que ça soit dans la transparence. On ne peut pas faire une ponction de 6 à 7% sur le salaire des fonctionnaires sans nous dire à quoi il faut s'en tenir. Quel type de maladie l'assurance couvre, quelles sont les personnes chargées de sa mise en œuvre, etc. » a-t-il expliqué.

Pour sa part, le chef de file de l'opposition politique, Zéphirin Diabré estime que, dans les moments importants de la vie de notre nation, c'est une coopération entre les forces syndicales et de l'opposition qui a permis de faire en sorte que des bonds en avant soient réalisés ou empêchés, que de forfaitures ne soient réalisées. Il souhaite par ailleurs qu'au-delà de cette rencontre, qu'il y ait une plus grande concertation en permanence dans leurs coopération afin qu'en amont, qu'ils puissent s'informer les uns et les autres sur les soucis rencontrés.

Bassolma Bazié invite alors ses camarades à la cohésion, à l'unité, à la détermination. « Nous portons un drapeau dressé par nos devanciers donc, nous allons nous battre et consentir les sacrifices qu'il faut pour que l'intégrité, la dignité, les libertés des Burkinabè et surtout du travailleur soient maintenues », a-t-il conclu.

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