Congo-Brazzaville: Livres - Fécondité de la littérature congolaise

2019 a été encore très efflorescent avec plus d'une centaine de publications. De la passion pour l'écriture à une plume engagée, les lecteurs ont eu droit à des œuvres d'une richesse singulière. Reste plus que cette littérature vive davantage à travers une lecture accrue, une exploitation efficace et une pluralité d'activités autour d'elle.

L'année qui s'achève a été positivement marquée par de nombreux écrivains congolais qui se sont illustrés au niveau national voire international. Grâce à leurs plumes, ces hommes et femmes de lettres ont proposé aux lecteurs des œuvres aussi inspirantes, éducatives que divertissantes.

Le bal des publications s'est ouvert avec des ouvrages comme « La canne sacrée du maître », Tome I et II, de Raymond Loko ; « La subsistance : pour une philosophie de la résurrection » de Clotaire Bambi-Kimpoudi ; « Le génocide en droit à l'épreuve du génocide de l'émotion : cas de la République du Congo » d'Anatole Collinet Makosso et biens d'autres.

En matière de droit, les écrivains congolais, notamment Saturnin Lovel Bamba, Paul Nicolas Gomes Olamba, André Ondele-Kanga, Aimé Ange Wilfrid Bininga, Placide Moudoudou et Roland Bembelly, ont respectivement publiés : « Le déroulement du procès pénal : essai comparé Congo/France », « Droit institutionnel du Congo-Brazzaville », « La gouvernance forestière en République du Congo : 1899-2018 », « Les mutations constitutionnelles en Afrique noire francophone : à partir des exemples du Congo, du Bénin et du Sénégal », « Les grands arrêts de la jurisprudence administrative du Congo Brazzaville », « Le code des hydrocarbures du Congo ».

Dans cet élan d'enrichir la littérature congolaise, « La notion de grandeur selon Dieu et selon les hommes » d'Antonio Mabiala et « Qui cherche Dieu le trouve : la pertinence du récit chroniste de la réforme de Josias en 2 Ch 34 » de Laurent Loubassou, tous deux parus aux éditions L'Harmattan, ont complété la liste des ouvrages parlant de religion à travers des récits qui mettent en exergue la vision et la grandeur divine.

La gastronomie, quant à elle, n'est pas restée en marge. En effet, elle s'est particulièrement enrichie avec la publication du livre « Cuisine congolaise ». Publié en juin aux éditions Les manguiers par le restaurant Mami Wata, l'ouvrage illustré expose, en cent vingt-huit pages, plus de cinquante recettes cultes et quelques astuces culinaires expliquant étape par étape comment maîtriser la préparation, la cuisson et la présentation des repas locaux.

Si pour certains jeunes auteurs comme Zorro Elion ; Staffen Yhanil Nkodia ; Emeraude Kouka, 2019 a été une année d'essai et d'intégration à la littérature congolaise, d'autres en ont décousu avec la plume. C'est le cas de Benoît Moundélé-Ngollo avec son livre « Adieu mes lecteurs : le mwana ntsouka de mes livres ». Paru aux éditions Les impliqués, l'ouvrage est la toute dernière publication de l'écrivain congolais, dans lequel il évoque les raisons de son profond attachement à l'écriture et les causes de ce divorce.

Dans le but de faire valoir la production littéraire et rendre un hommage aux écrivains congolais et ceux d'ailleurs, Aubin Banzouzi a publié aux éditions Renaissance, « Plumes fécondes : la beauté de la littérature congolaise et d'ailleurs ». Ce livre est une anthologie dans laquelle l'auteur propose l'analyse et le résumé de près d'une soixantaine de livres.

Le roman a foisonné

Au nombre des publications de cette année, le roman a été le genre littéraire dominant avec des ouvrages comme « Les hasards du destin » de Ferréol Gassackys ; « Au-delà des borgnes » de Tobi N'Dzaba ; « Sur la route de l'école » de Richard Ballet ; « L'avenir est dans ma tête » d'Henri Djombo ; « Réalités du Paradis » d'Auguy Ibanga ; « La saison des perversions » de Julien Makaya ; « Mémoires de Lucy, le combat d'une vie » de Duval Moukoueri Gambou, « Le mwene dimi d'Aphani » de Roch Cyriaque Galebayi, « Ah, mon temps » de Monique Alfred Ondze, etc.

A côté du roman, il y a eu entres autres nouvelles : « Moi, président » de Destinée Hermella Doukaga, « Autres temps, autres mœurs » de Claude-Richard M'Bissa. « Délices mortelles » d'Eric Aimé Kouizoulou a été l'une des œuvres de théâtre proposée aux lecteurs cette année.

Parmi les essais publiés en 2019 figurent « Je connais mon pays : Tome I » de Marcellin Mounzeo Ngoyo, « Mon combat » de José Cyr Ebina et « L'athéisme est un humanisme » de Giscard Kevin Dessinga.

Concernant la poésie, elle s'est égayée grâce à « Sanglots pour Loango » de Florent Sogni Zaou ; « La Tourterelle chante à l'aube » de Marie-Léontine Tsibinda ; « Couleurs tropicales » de Jean Pierre Mafouana ; « A l'orée de ma quête » de Renaud Kouoma Kobi ; « Mbote, un amour » d'Hermann Mizidy...

Faire vivre le livre

Sur la scène nationale, la rentrée littéraire du Congo (Relico) organisée du 10 au 12 octobre, à la librairie Les Manguiers, au siège des Dépêches de Brazzaville, a été l'un des événements majeurs autour du livre. Avec un thème au cœur de l'actualité, le rendez-vous avait réuni écrivains, éditeurs et invités pour discuter sur les défis de la circulation du livre en Afrique centrale qui, à en croire certains intervenants, affiche une appréciation peu luisante. Et cela, en dépit du fait que la production littéraire, tous genres confondus, pullule à travers les quatre coins du continent.

Pour les auteurs congolais présents à ce rendez-vous, aborder cette problématique de la mobilité du livre revient, en partie, à s'interroger sur sa politique, sa réglementation, sa promotion, sa consommation, sa facilité d'édition et son usage pratique par tous. Par ailleurs, avaient-ils souligné, le coût, quelquefois élevé des ouvrages et le manque d'initiatives autour du livre, place la jeunesse face à une précarité d'accès aux savoirs.

Combien d'initiatives, au niveau national, vulgarisent-elles le livre ? A peine quelques-unes comme la Relico ; la gourmandise poétique ; les Parades littéraires, découvre mon talent et sa bibliothèque mobile ; le Festival international du livre et des arts francophones, etc.

Au Congo, les actions publiques comme privées autour de ce secteur ne sont pas louables et démontrent qu'il y a encore des efforts à réaliser pour que la denrée se porte mieux sur le marché, du moins qu'elle ne s'asphyxie pas mais qu'elle vive réellement.

Loin de s'apitoyer ou de se décourager au sujet des efforts déjà accomplis, il faut continuer à alerter l'opinion et à mobiliser toutes les parties prenantes en vue de promouvoir largement le livre qui, à n'en point douter, contribue au développement, à l'épanouissement et à l'équilibre de la société.

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