Liberia: Le président Weah en difficulté

Photo: google
Georges Weah

Au Liberia, le conseil des patriotes n'appelle plus à manifester ce lundi contre le président George Weah. Cette coalition d'associations reporte la mobilisation à lundi prochain après une médiation de dernière minute orchestrée par l'ONU et la Cédéao. Un mouvement de colère alors que le pays traverse une grave crise économique.

Ebola a mis le pays à genou entre 2014 et 2016. Depuis, l'économie peine à se relever alors que le président, l'ancien footballeur George Weah avait promis il y a deux ans de faire de la lutte contre la pauvreté sa priorité. « Place à l'espoir », c'était son slogan de campagne, avec un programme « pro-poor », destiné aux plus pauvres.

Dans un pays où 80% de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour, George Weah a par exemple instauré l'université gratuite, c'est l'une de ses mesures phares. Il a également lancé des projets d'infrastructures, avec la construction ou la réfection de routes et de bidonvilles. Sauf que ces chantiers ont été ternis par des révélations de fraudes.

C'est que les cas de détournements de fonds publics, de favoritisme ou de trafic d'influence sont nombreux. Le plus retentissant concernait 83 millions d'euros, détournés par des responsables de la Banque centrale. Depuis, George Weah s'est engagé à suivre des recommandations de bonne gouvernance, issues d'une concertation nationale, ainsi qu'un programme « anticorruption » élaboré avec le FMI.

Climat délétère

En dépit de ces engagements, le climat des affaires reste délétère. Le Liberia est toujours 174e sur 190 au classement Doing Business 2019. Outre la corruption, les entreprises se plaignent d'une fiscalité trop forte ; elles dénoncent aussi des décisions impulsives, par exemple la multiplication par cinq des tarifs internet, contre laquelle Orange Liberia a d'ailleurs porté plainte. Plusieurs groupes ont réduit leurs activités, comme l'Ivoirien Sifca, dans l'agro-industrie, ou l'Américain Firestone, dans le caoutchouc. D'autres ont carrément décidé de quitter le pays, c'est le cas du Malaisien Sime Darby, géant de l'huile de palme.

Résultat, selon le FMI, la croissance est passée de 2,5% en 2017 à 0,4% cette année. L'inflation, elle, frôle les 25% sur la même période. Seule embellie : une croissance de 7% et des investissements prévus dans le secteur minier. Un secteur dont les retombées sur les populations sont généralement minimes.

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