Cameroun: Port de Douala - Inquiétudes sur le nouveau système de gestion du terminal à conteneurs.

30 Décembre 2019

Le 31 décembre 2019 sonne la fin du contrat de concession de DIT au port de Douala- Cameroun. Dans le souci d'assurer la continuité du service sur la place portuaire, une « Régie du Terminal à Conteneurs » a été créée par le conseil d'administration du port autonome de Douala. Résultat d'une impréparation qui suscite des inquiétudes.

Un processus fluide de gestion des marchandises

La transition a-t-elle été préparée ? La Conseil d'administration a crée une régie à la hussarde. A l'effet « d'assurer la poursuite en régie du service public portuaire après le 31 décembre 2019 » Que sait-on de cet acte purement administratif ? « Elle est créée pour une durée d'un an. Celle-ci peut être écourtée ou prorogée en cas de besoin par le conseil d'administration » Et pourtant, DIT a mis sur pied une collaboration avec l'écosystème qui a permis au cours de ces quinze dernières années au Port de Douala de disposer d'un processus fluide de gestion des marchandises à l'importation et à l'exportation. Ce dispositif a permis selon les douanes camerounaises de réduire les délais de traitement des dossiers dans des conditions de sécurité. Interfacé avec le Guichet unique du commerce extérieur, l'administration des impôts et du Port de Douala. Toutes choses qui ont eu pour conséquences directes : la réduction des couts et des délais.

Inquiétudes sur la mise en place d'une régie

Au demeurant, cet arsenal technique, valeur ajoutée que laisse DIT dans la gestion du terminal à conteneurs devrait servir de boussole aux nouveaux gestionnaires pour assurer la « continuité du service », préoccupation essentielle de l'administration du port de Douala. Seulement, dans les faits et sur la place portuaire, rien n'est moins sur. Une inquiétude et bien d'autres qui ont décidé l'ensemble des lignes maritimes de solliciter l'autorité portuaire de Douala pour des précisions sur la mise en œuvre de la régie. De fait, la préoccupation sur la gestion des données documentaires destinées aux opérations du terminal à conteneurs du Port de Douala a poussé les armateurs à mettre en œuvre des solutions pour prévenir les blocages inhérents à la fin de la concession de DIT et aux risques d'une fin de concession précipitée. Aussi, les Ports de la Côte Ouest africaine s'organisent pour faire face aux flux détournés du Port de Douala. Le risque de congestion est inéluctable.

Inquiétudes sur la gestion du personnel

Pour préoccupante qu'elle soit, cette situation met en branle tous les partenaires de la place portuaire. De source concordante, une réunion tenue cette semaine à la Direction générale des douanes a convaincu le Ministre des finances de retarder la mise en œuvre au Port de Douala, du nouveau système douanier CAMCIS lancé en grande pompe fin 2019. Conséquence, la douane envisage le retour au traitement physique des procédures douanières et fiscales. Ce qui ne n'ira pas sans impacter la collecte des recettes fiscales et douanières et surtout la remontée de la fraude douanière qu'on a connue les années avant DIT. Aussi, Le Port de Douala étant un pôle majeur de collecte des recettes, les errances de l'administration sont une source d'inquiétudes dans un contexte de rareté des ressources budgétaire. Bien plus, le statut du personnel DIT et celui du personnel de la régie dont les modalités contractuelles (CDI et CDD) restent floues. Ajoutés au changement du logiciel de gestion du terminal, les inquiétudes s'amoncellent.

Inquiétudes sur les produits d'exportations.

Sur le plan macroéconomique, ce contexte d'inorganisation et d'impréparation que les filières sensibles des produits d'exportation du Cameroun et du Tchad sont fortement menacées. Les conditions de gestion du port de Douala vont ainsi influer la balance commerciale du Cameroun. Notamment les produits du secteur du cacao, du café, du coton et du bois qui bénéficiaient ainsi des résultats de la modernisation du terminal à conteneurs.

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