Afrique de l'Ouest: Réformes du franc CFA - Le conseil des ministres de l'UMOA «prend note... »

30 Décembre 2019

Le passage du Franc CFA à l'ECO a été «acté», vendredi dernier 27 décembre 2019, par le Conseil des ministres de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Réuni en session extraordinaire à Abidjan, sous la présidence de Romuald Wadagni, ministre béninois de l'Economie et des Finances, président en exercice du Conseil des ministres, il a «pris note du profond réaménagement des accords de coopération monétaire» entre les Etats de l'Union et la France, annoncé le 21 décembre par les présidents Alassane Dramane Ouattara et Emmanuel Macron.

Moins d'une semaine après l'annonce du Président Alassane Dramane Ouattara sur l'avenir du F Cfa et sa substitution par l'Eco en juillet 2020, le Conseil des ministres de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) réuni en session extraordinaire à Abidjan, en Côte d'Ivoire, le vendredi 27 décembre 2019, sous la présidence de Romuald Wadagni, ministre béninois de l'Economie et des Finances, président en exercice du Conseil des ministres, a entériné la décision. «Les ministres ont pris note du profond réaménagement des accords de coopération monétaire entre les Etats de l'Union et la France annoncé le 21 décembre par le président de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union, son excellence Alassane Dramane Ouattara, au nom de ses pairs, et le président de la République française, son excellence Emmanuel Macron.

Cette réforme a pour objet de préparer les économies de l'Union à l'avènement de l'ECO, monnaie unique de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)», lit-on dans le communiqué final sanctionnant cette rencontre. Il est aussi rappelé, dans le document du Conseil des ministres, les principaux éléments de la réforme que sont : «le changement du nom de la monnaie Franc CFA en ECO, lorsque les pays de l'UEMOA intégreront la nouvelle Zone ECO de la CEDEAO ; l'arrêt de la centralisation des réserves de change au trésor Français, la fermeture du compte d'opérations et le transfert dans les comptes de la BCEAO des ressources disponibles dans le compte ; le retrait des représentants Français des organes de décision et de gestion de l'Union (Conseil d'administration, Comité de Politique monétaire et Commission bancaire) ; le maintien du taux de change fixe par rapport à l'EURO (qui assure la parité actuelle) ; et la garantie de convertibilité illimitée de la monnaie par la France». Et pour faire passer la mesure auprès des opérateurs économiques et populations de l'Union, les autorités de l'UMOA misent sur une bonne communication. «Les ministres de l'UMOA se félicitent des avancées historiques et adoptent une stratégie de communication en vue de permettre une information complète et appropriée des opérateurs économiques ainsi que des populations de l'Union», précise le texte.

CES FONDAMENTAUX DU CFA QUI NE CHANGENT PAS

Pour rappel, le «CFA» doit être remplacé, à l'horizon 2020, par une nouvelle monnaie appelée ECO. Même si l'on ignore encore quand les premiers billets seront en circulation, désormais le changement ne concernera, dans un premier temps, que les huit (8) Etats membres de l'UEMOA) : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo, à condition que ceux-ci respectent les critères de convergences. En attendant, selon les accords monétaires jusqu'ici en vigueur, les Etats de l'UEMOA ont l'obligation de stocker au minimum 50% de leurs réserves de change au Trésor français, en contrepartie d'une garantie de convertibilité avec l'EURO. Et en 2015, les pays de l'UEMOA avaient transféré 19 milliards d'EUROS sur ce compte. D'ailleurs, en dépit de la disparition programmée du CFA, certains de ses fondamentaux vont demeurer puisque l'ECO conservera, au moins dans un premier temps, une parité fixe avec l'EURO et sa garantie de convertibilité sera toujours assurée par la Banque de France.

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