Sénégal: Troisième mandat, guéguerre au sein de l'APR, arrêté Ousmane Ngom, etc. - Macky sall sort du bois

Photo: Sudonline
Le président Macky Sall

Le chef de l'Etat, Macky Sall, a fait face à la presse le mardi 31 décembre, après son discours de fin d'année adressé à la Nation. Beaucoup de questions politiques ont été ainsi abordés avec le chef de l'Etat, dont notamment celle du troisième mandat où il maintient toujours le flou, l'arrêté Ousmane Ngom dont l'abrogation n'est pas pour demain, le refus du dialogue de certains opposants, ce qui ne l'empêche pas de gouverner le pays, etc. Le président s'est aussi prononcé sur le prix de l'électricité, la campagne arachidière, entre autres sujets de l'heure.

Face à la presse nationale, après son adresse solennelle de fin d'année à la Nation, le président Macky Sall s'est prononcé sur beaucoup de sujets de l'heure. Abordant la question du troisième mandat, le président est resté dans le clair-obscur sur sa candidature prochaine à la présidentielle de 2024. S'exprimant en langue nationale, le Wolof, il a fait savoir que quelle que soit la réponse qu'il donnera sur ledit mandat, il ne parviendra pas à mettre un terme à ce débat.

Pour preuve, il dit avoir répondu à ladite question lors de son dernier adresse à la Nation du 31 décembre 2018, sans pour autant clore la controverse. Mieux, selon lui, «si je dis que je ne serais pas candidat à ma propre succession, aucun membre de mon gouvernement ne travaillera». Pour lui, tous se mettront dans une guerre de positionnement, ou certains chercheront à lui mettre la pression. Comme autre hypothèse, il dira que «si je dis que je serais candidat, il y aura beaucoup plus de marches de protestation». Ainsi donc, il estime qu'au regard des priorités de l'heure, il n'est ni important ni le moment d'épiloguer sur la question de sa candidature.

«IL NE PEUT PAS Y AVOIR DE DAUPHINAT»

Pour ce qui est de la guéguerre au sein de son parti, l'Alliance pour la République (Apr), le chef de l'Etat informe avoir dit chaque fois à ses proches qu'il est bien de se dire la vérité, mais aussi de garder cette confraternité et de se soutenir mutuellement. Pour autant, il estime que le parti dispose d'instances et que «le linge sale se lave en famille».

Répondant à Moustapha Cissé Lo et autres responsables de la «première heure» de l'Apr qui lui reprochent de les avoir écartés au profit de nouveaux venus, Macky Sall a fait comprendre qu'il est impossible de se fréquenter comme auparavant, parce qu'il est en train de travailler.

Mieux, il reste catégorique qu'un pays ne se lègue pas car on n'est pas dans une monarchie. Par conséquent, le chef de l'Etat a précisé «qu'il ne peut pas y avoir de dauphinat» et que toute personne qui veut diriger le pays doit travailler pour y parvenir. D'ailleurs, il a levé un coin de voile sur ses réelles motivations concernant la suppression du poste de Premier ministre.

En effet, au-delà du fast-tract qu'il a voulu instauré au regard des lourdeurs administratives, Macky Sall a révélé que la suppression dudit poste allait réduire les querelles de dauphinat et de succession au sein de son entourage.

VIVEMENT L'ARRETE OUSMANE NGOM !

Quid de l'arrêté Ousmane Ngom interdisant des manifestations au centre de Dakar ? Sur ce point, ceux qui veulent que le président de la République abroge ledit arrêté n'ont qu'à déchanter. La raison, le président estime qu'il y a dans chaque pays des centres névralgiques où la majeure partie des activités sont concentrées. Pour lui, il n'y a aucun pays au monde où les gens marchent vers le palais de la République.

Donc, l'arrêté Ousmane Ngom était pris, selon lui, pour éviter les débordements au centre de la capitale. Cela, poursuit-il, d'autant plus que ceux qui disent vouloir marcher vers le palais ne sont pas mus par de bonnes intentions. Par conséquent, il trouve qu'il y a d'autres itinéraires où les manifestants peuvent emprunter sans pour autant faire beaucoup de tort aux populations. A ceux qui veulent manifester vaille que vaille vers le palais, il prévient qu'ils y a des gens qui veillent au grain.

LES OPPOSANTS BOYCOTTEURS DU DIALOGUE SNOBES

Revenant sur le dialogue national, le président a rappelé qu'il a été élu à plus de 58%, gagnant ainsi une majorité politique, tout comme celle sociale et parlementaire. Après son élection, explique-t-il, il s'est mis dans la posture d'un président de tous les Sénégalais. C'est la raison pour laquelle, selon lui, il a convié à un dialogue national pour discuter et trouver des solutions à tous ces problèmes qui retardaient le pays.

Toutefois, il trouve que ceux qui ont refusé de prendre part au dialogue national ont le droit de le boycotter. Mais, prévient-il, «avec ou sans dialogue national, je peux gouverner ce pays». Il a profité de l'occasion pour répondre à son ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye qui soutient que le chef de l'Etat manque de vision. Selon lui «si quelqu'un qui porte ta vision et la défend partout dit un jour que tu n'as pas de vision, certainement c'est parce qu'il est devenu aveugle».

LE PRIX DE L'ELECTRICITE PEUT BEL ET BIEN AUGMENTER

Sur la lancinante question de la hausse du prix de l'électricité, les Sénégalais ont intérêt à prendre leur mal en patience. Non seulement, ce n'est pas demain la veille de l'annulation de ladite mesure de hausse de 6 à 10% des factures d'électricité, mais aussi ce prix peut connaitre une hausse.

En effet, le président indique que le taux actuel de couverture de l'électricité dans le pays est de 55%. L'objectif de son gouvernement, selon lui, est d'universaliser l'accès à l'électricité. D'où la nécessité d'un financement de 600 milliards de FCFA pour toucher les zones les plus reculées du pays.

Pour ce faire, il révèle qu'il y avait lieu de réduire la subvention de l'Etat pour la maintenir uniquement à 20%. Toutefois, le chef de l'Etat précise que cette décision ne touche pas la majeure partie des consommateurs, à savoir les 611.000 ménages à faible revenu.

Pour les grands consommateurs d'électricité, il fait savoir que certains ne verront qu'une augmentation bimensuelle de 1000 FCFA, tandis que les autres n'auront que 2500 de plus sur leurs factures tous les deux mois.

Il a par ailleurs révélé qu'avec la production du gaz qui se profile à l'horizon 2022, l'objection est que la Senelec produise 100% de son électricité à partir du gaz. Pour autant, il a tenu à prévenir que le prix de l'électricité peut bel et bien augmenter entretemps, si toutefois il y a conjoncture dans le monde, notamment hausse du prix du baril ou un autre imprévu.

LA BONNE AFFAIRE DES PRODUCTEURS D'ARRACHIDE

La campagne arachidière était aussi l'un des sujets abordés par le chef de l'Etat. Face à la presse, le président Macky Sall a fait noter que cette année, ce sont les producteurs qui se frottent les mains et qu'il n'est pas possible de les en priver. Pour lui, il est impensable de demander à quelqu'un qui peut vendre son arachide à 250 FCFA de le céder au prix plancher de 210 FCFA. Donc, rappelant la loi du marché, il est d'avis qu'on peut bien leur permettre de faire de bonnes affaires cette année.

Pour autant, il reconnait que les huiliers ont du mal à collecter le nombre de tonnes prévu. Toutefois, il ne semble pas partager l'idée de certains huiliers qui réclament la fermeture de l'exportation des graines d'arachide ou tout simplement l'arrêt de la vente aux Chinois qui sont les plus offrants.

Pour cause, il a fait comprendre que s'il n'avait pas fait appel aux Chinois lors de la campagne précédente, il y aurait eu une catastrophe car les étrangers ont pu exporter 350.000 tonnes d'arachide. Par conséquent, il a informé que le gouvernement est en train de travailler à trouver la meilleure solution pour approvisionner les huiliers, mais aussi pour ne pas faire fuir les Chinois.

Dans la même veine, et en rapport avec les déballages au sein de son parti concernant les subventions de l'Etat sur les semences et autres intrants, le chef de l'Etat a pris la mesure de faire disparaitre les intermédiaires appelés «gros producteurs». Il dit avoir donné des instructions au ministre de l'Agriculture pour que tous aillent acheter les intrants et les semences auprès des commissions.

LE SENEGAL PRET A ORGANISER LA CAN, D'ICI DEUX ANS

Concernant le volet sport, l'un des aspects les moins abordés lors de son face-à-face avec la presse, le chef de l'Etat a indiqué que le stade olympique de Diamniadio sera sous peu construit pour une durée des chantiers de 17 mois et que le stade Léopold Sédar Senghor sera entièrement réfectionné par les Chinois. En plus du stade Caroline Faye de Thiès, Macky Sall reste persuadé que d'ici 2 ans, le Sénégal peut être à l'aise de demander l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations (Can).

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