Libye: Intervention turque en Libye - L'Égypte réagit et propose une solution « politique »

Craignant un renversement de la situation grâce à l'intervention d'une armée étrangère qui pourrait pousser les terroristes aux portes de son pays, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a convoqué, le 2 janvier, une réunion urgente du Conseil de sécurité nationale pour répondre au feu vert du parlement turc pour l'envoi des militaires en Libye.

L'Égypte n'a pas attendu le feu vert du parlement turc pour préparer une riposte à l'envoi des militaires turcs en Libye. Le président Abdel Fattah al-Sissi a déjà évoqué la question avec les présidents américain, russe et français ainsi qu'avec la chancelière allemande. Des entretiens qui ont porté sur « les dangers découlant d'une ingérence étrangère armée en Libye ».

Officiellement, l'Égypte est pour une solution « politique » de la crise crise libyenne tout en soutenant diplomatiquement l'armée nationale libyenne du maréchal Haftar. Grâce à l'offensive de ce dernier contre Tripoli à l'ouest, la frontière égyptienne jouxtant l'est libyen sur plus de mille kilomètres a été sécurisée. Pour le Caire, un renversement de la situation grâce à une intervention militaire turque placerait des jihadistes venus de Syrie aux portes de l'Égypte. Rappelons que c'est jeudi que les députés turcs ont autorisé l'envoi de troupes en Libye en soutien au gouvernement d'accord national (GAN) de Tripoli, menacé par une offensive du chef de guerre Khalifa Haftar, soutenu par la Russie, les Emirats arabes unis et l'Egypte.

Lors d'une session parlementaire extraordinaire, trois cent vingt-cinq députés ont voté pour et cent quatre-vingt-quatre contre ce texte qui donne à l'armée turque un mandat pour intervenir en Libye, valable pendant un an, a indiqué le président de l'Assemblée nationale turque, Mustafa Sentop. Les principaux partis d'opposition ont voté contre le texte, arguant qu'une intervention en Libye pourrait déstabiliser la région et entraîner la Turquie, qui a perdu plusieurs dizaines de soldats en Syrie, dans un nouveau bourbier.

Dans les tout prochains jours, le président Recep Tayyip Erdogan pourrait ainsi envoyer des troupes en Libye. Une mesure qui n'est pas du goût de l'Egypte dont le président Abdel Fattah al-Sissi a évoqué la question au Conseil de sécurité de l'ONU mettant en exergue « les dangers qui peuvent découler d'une ingérence étrangère armée en Libye ». Le gouvernement turc affirme agir en réponse à un appel à l'aide du gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, confronté à une offensive de l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, qui s'efforce de prendre Tripoli.

Le président turc a signé le 28 novembre dernier un accord de « délimitation maritime » avec le GNA, ce qui lui permettrait en cas de victoire de ce dernier d'accéder à des ressources d'hydrocarbures dont le pays a tant besoin. En effet, la Turquie ne produit que soixante mille barils de pétrole/jour, alors que la Libye produit plus d'un million de barils/jour. Depuis la chute du président libyen Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans un chaos profond mettant en scène deux principaux groupes armés : le GNA reconnu par l'ONU et celui du maréchal Haftar qui se livrent des batailles au prix des intérêts politiques, économiques, diplomatiques.

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