Burkina Faso: Un forum de redevabilité pour la prise en compte des besoins et droits des jeunes en matière d'éducation

L'objectif de ce forum selon Modeste Nébié, chargé de communication à la CN-EPT/BF, est de permettre à la cinquantaine de participants de s'approprier les réalisations du cadre sectoriel éducation et formation au Burkina Faso mais aussi les projections de 2020 en faveur de la jeunesse.

Cette rencontre a également servie d'occasion de plaidoyer des jeunes en faveur de leurs droits à l'éducation formelle et non formelle mais aussi à la formation technique et professionnelle, ceci dans une perspective de 2021.

En effet explique M. Nébié, au Burkina, les jeunes (des deux sexes) représentent une frange importante d'environ 57% de la population active et leur participation aux actions de développement est l'un des principaux défis de gouvernance auxquels est confronté le pays. "La situation est encore pire lorsqu'on fait une analyse basée sur le genre. Ainsi, la non prise en compte des jeunes et le manque de stratégies efficaces pour favoriser leur participation aux efforts de développement cumulés à la crise de confiance entre cette jeunesse et les autorités politiques font partie des obstacles à la promotion de cette frange de la population", fait remarquer M. Nébié.

"Dans le domaine de l'emploi, les résultats de l'Enquête intégrale sur les conditions de vie des ménages (EICVM) de 2013 indiquent que 82% des chômeurs au Burkina sont des jeunes dont 43% ont moins de 25 ans. Aussi, 71% des jeunes de 25 à 35 ans ne sont ni instruits, ni alphabétisés et seulement 12,1% des jeunes de 25 à 35 ans et 20,4% de ceux de 16 à 24 ans ont un niveau secondaire. Sur le plan politique, les jeunes sont souvent exclus ou ignorés comme potentiels candidats aux postes électifs ou nominatifs. La politique et la gestion des affaires publiques sont généralement considérées comme un espace pour les hommes expérimentés en politique d'où la marginalisation des jeunes dans ces domaines en raison de leur jeune âge, des possibilités limitées et du manque d'expérience", poursuit-il.

Pour Yonli Marie, membre du Comité technique de rédaction du rapport du cadre sectoriel éducation et formation, beaucoup d'activités ont été menées par le ministère en charge de l'Education mais beaucoup restent à faire parce que pour les prévisions 2020, il n'y a que l'achèvement d'infrastructures et pas assez de nouvelles réalisations. Toute chose qu'elle dit regretter d'où l'importance de ce forum qui selon elle, permettra aux jeunes de faire des propositions aux décideurs pour l'année 2021 à travers un plaidoyer.

Théodore Ilboudo représentant le Conseil national de la jeunesse dit être à moitié satisfait : "Il y a beaucoup de réalisations qui ne sont pas terminées alors que cela devrait améliorer l'épanouissement de la jeunesse. Nous souhaitons donc l'augmentation du nombre de bourses d'étude, les amphithéâtres, les enseignants etc."

En rappel, le YEG est une réponse à la fronde sociale des jeunes due au non-respect de leurs droits. Le projet a pour ambition d'accroître l'équité, l'égalité des sexes et l'inclusion des jeunes marginalisés, en mettant l'accent sur les jeunes femmes, en matière d'éducation formelle et non formelle de qualité et de formation.

Au plan régional, le YEG voudrait susciter un mouvement ou réseau d'éducation renforcé (ANCEFA) assurant le leadership et le soutien au travail de plaidoyer des Coalitions nationales pour l'éducation du Ghana, Burkina Faso, Libéria, Niger, Mali et Sierra Leone, mettant l'accent sur l'accès des jeunes marginalisés, en particulier la participation des jeunes femmes dans l'élaboration des politiques aux niveaux régional et continental. Au Burkina, il compte influencer les politiques d'éducation formelle et non formelle et les cadres législatifs connexes dans le pays, en assurant l'inclusion d'options d'éducation formelle et non formelle sensibles au genre pour les jeunes marginalisés.

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