Ile Maurice: Siamoise Cléanne - Un an d'existence... à l'hôpital

Elle a fêté son premier anniversaire, hier, samedi 4 janvier. Désormais hors de danger, la petite battante fait le bonheur de ses parents. Cléanne Papillon grandit qui plus est comme un bébé normal. Retour sur le parcours de ce «bébé miracle» ...

Certes, elle est toujours rattachée à quelques tubes, afin qu'elle puisse se nourrir et respirer normalement. Mais hier, dans sa petite robe blanche, le petit ange a fêté son premier anniversaire, à l'hôpital de Flacq, où elle est suivie depuis son retour de la Grande Péninsule.

Le combat des parents, qui a été suivi par des milliers de Mauriciens, qui plus est, a duré une année entière et a été riche en émotions. La vie de Marie Hélène et Ian Papillon a basculé le 4 janvier 2019. Le jour où la mère de famille accouche à l'hôpital Nehru Jawaharlal à Rose-Belle. C'est à ce moment qu'elle découvre que ses jumelles sont en fait des siamoises et qu'elles sont liées par le thorax.

Direction Bangalore

Très vite, des démarches administratives sont enclenchées pour que les petites soient prises en charge par des spécialistes. Elles s'envolent, en compagnie de leur papa, six jours, après être venues au monde. Cela non seulement grâce au soutien du ministère de la Santé mais aussi de nombreux compatriotes qui ont aidé financièrement, ainsi que la compagnie pour laquelle travaille Ian Papillon. Celle-ci financera le déplacement Papillon dans la Grande Péninsule, pour la nourriture, tout au long de leur séjour. Direction Bangalore en Inde. Marie Hélène n'ayant pu faire le voyage sur le moment à cause de sa santé fragile, part les rejoindre plus tard. Elle retourne au pays en mars, pour les funérailles de Cléa...

Cette dernière a quitté ce monde, trois mois après sa naissance, soit le 18 mars. Elle a été «sacrifiée» pour que sa sœur, Cléanne puisse survivre, vivre. Après plus de 10 heures passées au bloc opératoire elle n'a pas survécu... Avant l'opération, les docteurs avaient prévenu les parents sur ses maigres chances de survie, les siamoises n'ayant qu'un seul cœur. Mais Marie Hélène et Ian ont gardé espoir jusqu'au bout...

Le corps de la petite Cléa a été rapatrié quelques jours plus tard et ses funérailles ont eu lieu au domicile des Papillon, à Vieux-Grand-Port, le 26 mars. Aujourd'hui encore, impossible pour les parents de faire leur deuil. Perdre un enfant n'est pas chose facile. Ian et Marie Hélène Papillon se font un devoir de se rendre chaque mois sur la tombe de la petite. «Ou zanfan res ou zanfan !»

Joie de vivre

Le papa était, lui, resté en Inde, le temps que Cléanne s'en remette. Il avait finalement pu rentrer lui aussi en compagnie de sa fille au pays, le 31 mai. La petite, une fois descendue de l'avion avait été directement transportée vers l'hôpital de Flacq. «Zot tou bien get li laba. Bann dokter finn fer enn bon travay. Même les infirmières sont aux petits soins. Pa finn gagn oken problem», souligne Ian Papillon.

Aujourd'hui, les parents n'ont qu'une seule envie, c'est de ne plus avoir à faire le va-et-vient entre l'hôpital et la maison et que leur demeure respire la joie de vivre, avec la présence de Cléanne. «So bann frer osi inpasian pou kapav pran li, zwé ek li. Sirtou dernié-la ! Li ti bien afekté kan Cléa inn désédé... » Hier, Wilryk a pu prendre sa petite sœur dans ses bras, enfin...

Le combat a été long et rude, mais le combat a rendu tout le monde plus fort. «Seki monn viv ek Cléanne inn montré mwa ki kouraz mo ena... Bondié inn testé mwa sa!» estime le papa.

Dorénavant, même si Cléanne va nettement mieux, elle devra, probablement, se rendre une nouvelle fois en Inde cette année pour un bilan de santé. «Histoire de confirmer que tout va bien pour elle.»

D'ici là, le bout de chou continue à se battre, à sourire. Elle semble savourer chaque moment de la vie, comme le gâteau à la crème auquel elle a goûté hier...

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