Kenya: Trois Américains tués dans l'attaque d'une base militaire

Le commandement américain pour l'Afrique (Africom) a annoncé, le 5 janvier, que l'attentat contre le camp Simba, notamment à Lamu, dans le sud-est du pays, près de la frontière avec la Somalie, a fait trois victimes américaines ainsi que quatre terroristes.

A l'aube du même jour, des shebab ont attaqué une base militaire américano-kényane. « Durant une attaque par les shebab, un groupe affilié à Al-Qaïda en Afrique de l'Est (... ), un militaire américain et deux sous-traitants du ministère de la Défense ont été tués » sur la base de la baie de Manda, a annoncé Africom dans un communiqué. « Après une première incursion dans le périmètre (de la base, ndlr), l'armée kényane et les forces de l'Africom ont repoussé l'attaque des shebab », a ajouté le commandement, précisant qu'après les trois personnes de nationalité américaine décédées, deux autres employés du Pentagone ont été blessés et se trouvent dans un état stable.

Dans un communiqué, les shebab ont, quant à eux, a affirmé que dix-sept Américains et neuf soldats kényans avaient été tués. Ils ont indiqué avoir « attaqué avec succès la base militaire très fortifiée et pris le contrôle d'une partie » de celle-ci. Evoquant les raisons de leur action, les shebab ont fait savoir qu'elle s'inscrivait dans le cadre de la campagne « Al-Quds (Jérusalem) ne sera jamais judaïsée » - évoquée pour la première fois à l'occasion d'une attaque contre le complexe hôtelier haut de gamme Dusit à Nairobi en janvier 2019, qui a fait vingt-et- un morts.

Le commandant de l'Africom, le général Stephen Townsend, a assuré que les Etats-Unis vont mettre tout en œuvre pour chasser les groupes islamistes du Kenya et partout ailleurs en Afrique. « Aux côtés de nos partenaires africains et internationaux, nous pourchasserons les responsables de cette attaque et les shebab qui cherchent à s'attaquer aux Américains et à nuire aux intérêts américains », a-t-il affirmé.

L'opération qui a eu lieu près de l'île touristique de Lamu est la dernière en date des shebab au Kenya depuis que ce pays a envoyé des troupes en Somalie en 2011 pour y combattre ce groupe affilié à Al-Qaïda.

Plusieurs attaques de grande ampleur avaient déjà été perpétrées à l'intérieur du Kenya, et leurs auteurs qui ne sont autre que les shebab, affirment qu'ils agissaient en représailles à l'envoi de soldats kényans en Somalie en 2011 pour les combattre, mais aussi viser des intérêts étrangers.

Par leurs attaques diverses, les shebab qui ont été chassés de la capitale somalienne en 2011 montrent leur capacité à infliger des dommages importants dans la région, malgré le fait qu'ils ont perdu le contrôle des principales zones urbaines de la Somalie. Malgré la perte de leur bastion, ces terroristes - estimés entre 5.000 et 9.000 combattants - contrôlent jusqu'à présent de vastes régions rurales d'où sont organisées des actions de guérilla et des attentats-suicides.

Hors du Kenya, plus précisément à Mogadiscio, en Somalie, les rebelles islamistes ont, malgré les coûteux efforts internationaux pour les vaincre, tué le 28 décembre dernier, 81 personnes dans l'explosion d'un véhicule. C'était l'une des opérations terroristes les plus meurtrières de la décennie dans le pays.

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