Congo-Kinshasa: Balkanisation impossible, voici pourquoi

Jeunes homme armées dans le Nord-Kivu
7 Janvier 2020

Après un long moment d'impasse lié sans doute aux turbulences préélectorales, entre 2015 et 2017, électorales en 2018, et post-électorales en 2019, le thème de la balkanisation de la République Démocratique du Congo, à partir de son flanc Est, fait son grand retour dans les débats politiques en ce début d'année 2020.

S'il est vrai qu'une multitude de milices armées, internes comme externes, tuent et pillent au quotidien et que des familles rwandophones ou ougandaphones se seraient lancées dans une campagne d'occupation des terres abandonnées par des autochtones congolais, il est aussi vrai que depuis l'aube de l'indépendance, aucun agenda de partition du pays n'a réussi.

Qu'on se souvienne qu'en 1960, au moment où l'armée congolaise n'existait que de nom, le Katanga avec Moïse Tshombe, et le Sud-Kasaï avec l'Empereur Albert Kalonji Mulopwe, fortement soutenus par des puissances occidentales, n'avaient pu s'ériger en République autonomes. C'était pareil pour la République Populaire du Congo, proclamée comme telle par Antoine Gizenga, Soumialot et Christoph Gnenye, en 1964 à Stanleyville (Kisangani), avec l'appui de l'ex-URSS (Union des République Socialistes Soviétiques).

Les épisodes sombres des mercenaires avec le duo Jean-Schramme et Bob Denard en 1967 à Kisangani et Bukavu, de la première guerre du Shaba ou « guerre de 80 jours » avec les gendarmes katangais du général Mbumba Nathaël en 1977 et de la seconde guerre du Shaba ou « guerre de six jours » avec Laurent-Désiré Kabila en 1979 n'avaient pas abouti à la balkanisation de l'ex-Zaïre.

D'octobre 1996 à mai 1997, les armées rwandaises, ougandaises et burundaises s'étaient offertes un long safari en territoire congolais, sous couvert de l'AFDL (Alliance des Forces Démocratiques du Congo) sans pour autant parvenir à faire imploser l'ex-Zaïre comme état. Plus grave, entre 1998 et 2003, le RCD (Rassemblement des Congolais pour la Démocratie) de Wamba dia Wamba, puis Z'Ahidi Ngoma, puis Dr Emile Ilunga, puis Onusumba et enfin Azarias Ruberwa, sous le label du Rwanda, le MLC (Mouvement de Libération du Congo) de Jean-Pierre Bemba sous celui de l'Ouganda, le RCD-K-ML (Rassemblement Congolais pour la Démocratie -Kisangani - Mouvement de Libération du Congo) d'Antipas Mbusa Nyamwisi, RCD/N (Rassemblement des Congolais Démocrates Nationalistes, un appendice du MLC dirigé par un général sans troupes nommé Roger Lumbala, la RDC avait momentanément éclaté en plusieurs Républiquettes avant de se réunifier à la faveur du Dialogue Inter congolais, à Sun City.

On n'oubliera pas non plus les épopées sans lendemain du général Laurent Nkunda et du colonel Jules Mutebusi en 2004 à Bukavu, du même général Nkunda avec le CNDP entre 2006 et 2008 au Nord-Kivu, du colonel Sultani Makenga avec le M23 entre 2009 et 2012 au Nord-Kivu.

La fibre patriotique : principal obstacle à la balkanisation

A ce jour, on parle des ADF et d'une constellation de nébuleuses Mai-Mai pour matérialiser le plan de balkanisation de la RDC. S'il y a une chose à retenir, c'est la fibre patriotique présente dans l'âme de chaque Congolaise et Congolais, qui est le principal obstacle à la balkanisation du pays. En effet, quelles que puissent être leurs divergences politiques, sociales et autres, les Congolais de pure souche n'ont jamais envisagé l'hypothèse d'un Congo éclaté en plusieurs micro-Etat, comme c'est déjà arrivé hier en Ethiopie et au Soudan, et peut-être demain en Somalie.

Que l'on mette des armes ou de l'argent à leur portée, tous ceux qui s'identifient comme citoyens de la République Démocratique du Congo ne rêvent que d'une chose : vivre éternellement dans un Etat uni. On rappelle que le pasteur Ekofo, dans son homélie au vitriol prononcée en janvier 2018 dans la Cathédrale du Cinquantenaire protestant, à l'occasion d'un culte d'hommage aux héros nationaux Lumumba et Laurent Désiré Kabila, avait martelé que même si ce pays faisait l'objet d'une longue occupation par des forces du mal, il finirait par être « libéré » par les arrières-arrières-petits-fils des contemporains d'aujourd'hui.

Chacun peut constater qu'en 60 ans d'indépendance, aucun Congolais et aucune Congolaise n'acceptent que leur pays soit vendu au plus offrant. Il serait injuste de ne pas rendre hommage à un certain Mobutu Sese Seko qui, en dépit de ses erreurs politiques, avait eu le mérite de « bétonner » le nationalisme congolais.

Lutte sans merci contre les traitres

Fort de leur sentiment d'appartenir à une Nation qui devrait rester éternellement une et indivisible, les patriotes congolais devraient engager, dès à présent une lutte sans merci contre les traitres internes, qui empêchent les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), de rétablir une paix durable dans la partie Est du pays. Il doit être du devoir de tous et de chacun de surveiller les faits et gestes d'éléments suspects au sein de la classe politique nationale, des institutions nationales et provinciales de la République, de l'armée, des services de renseignement, du monde des affaires, etc.

Cette surveillance citoyenne est vivement souhaitée notamment sur la ligne de front, pour préparer, en faveur de nos forces armées, le lit de la victoire finale sur les forces du mal. Avec l'installation de l'Etat-major avancé des FARDC au Nord-Kivu, et les garanties d'appui de la Monusco, il ne manque que l'accompagnement totale et sincère des civils pour traquer et mettre hors d'état de nuire les traitres qui planifient les coups fourrés des forces négatives, internes comme externes.

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