Congo-Kinshasa: En marge de la rencontre F. Tshisekedi - Lourenço - La RDC se souvient de son pétrole

7 Janvier 2020

La République Démocratique du Congo vient de se souvenir, en marge de la rencontre entre son président, Félix Antoine Tshisekedi, et son homologue angolais, Joao Lourenço, le dimanche 5 janvier 2020 à Bengwela, que son pétrole « dort » au niveau de la côte de l'Océan Atlantique, plus précisément dans la fameuse « Zone d'Intérêt Commun ».

Plutôt que d'exhumer le contentieux, laissé dans l'opacité la plus totale par les « Kabilistes », de l'exploitation par l'Angola, jusque-là en solo, de ce gisement pétrolier, le nouveau Chef de l'Etat congolais a opté pour la mise en place d'une commission mixte d'experts des deux pays chargés de planter le décor d'une future exploitation commune de cette manne pétrolière.

Cette option a le mérite de permettre à la RDC et à l'Angola de tirer mutuellement profit des blocs pétroliers qu'ils partagent au large de la côte de l'Océan Atlantique.

On rappelle qu'en 2009, lorsque le dossier avait été discuté à l'Assemblée Nationale, les députés nationaux s'étaient entendus dire, par le ministre des Hydrocarbures d'alors, qu'il suffisait à la RDC de ratifier un accord pétrolier avec l'Angola pour bénéficier, de la part de son voisin, des royalties compensatoires de l'ordre de 600 millions de dollars américains. Mais, depuis lors, c'est silence radio.

Pays « pétrolier » qui s'ignorait jusque-là, le grand Congo pourrait, dans quelques mois, quitter son statut de producteur marginal du pétrole pour celui de grand producteur de l'or noir. Il est à espérer que les dividendes à tirer de ce partenariat entre Etats du sud pourraient booster le budget national congolais, qui vient de franchir la barre de 10 milliards de dollars américains, être multiplié par deux ou trois et se rapprocher, tant soit peu, de la trentaine de milliards de dollars américains qu'affiche Luanda.

L'autre bataille à engager et gagner par Félix Antoine Tshisekedi, c'est celle de la mise en valeur des blocs pétroliers du lac Albert, communs à la République Démocratique du Congo et à l'Ouganda. A l'image de la situation qui prévalait sur la côte de l'Océan Atlantique depuis plusieurs décennies, Kinshasa accuse un retard notable, par rapport à Kampala, dans l'exploitation du pétrole du Lac Albert. Une opération de rattrapage du temps perdu devrait être lancée, dans le meilleur délai, pour amener le pays à s'aménager une nouvelle source d'entrée en devises fortes, grâce à l'or noir.

L'autre chantier à exploiter est le gaz méthane en souffrance dans le lac Kivu. Un projet d'exploitation commune avec le Rwanda a été déjà ficelé. Sa phase d'exécution est vivement attendue, compte tenu des risques d'explosion et des dégâts écologiques que représente sa rétention prolongée au fond des eaux de cette mer intérieure.

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