Sahara Occidental: L'ONU appelée à prendre des mesures concrètes pour rétablir la confiance avec le peuple sahraoui

Paris — Le représentant du Front Polisario en France, Oubi Bouchraya Al-Bachir, a appelé les Nations Unies à prendre mesures concrètes pour rétablir la confiance avec le peuple sahraoui et faire avancer le processus de règlement du conflit sahraoui, soulignant que le peuple sahraoui n'acceptera ni de nouvelles tergiversations ni de prolongation de l'occupation marocaine.

Dans une interview accordée au "Quotidien de Nouakchott", Oubi Bouchraya, a soutenu que "le Front Polisario et le peuple sahraoui n'accepteront jamais la poursuite de cette situation de blocage, après avoir perdu tout espoir dans la capacité de l'ONU à remplir ses obligations et son échec à faire avancer le processus de règlement comme convenu à la veille de la signature de l'accord de cessez-le-feu entre le représentant du peuple sahraoui, le Front Polisario et le Royaume du Maroc, puissance occupante du territoire".

M. Oubi Bouchraya a réitéré l'appel du Front Polisario pour "la nomination d'un nouveau médiateur des Nations Unies pour le Sahara occidental et la prise de mesures pratiques pour sortir le processus de règlement de l'impasse actuelle".

Le responsable sahraoui est revenu sur la récente résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée fin octobre de l'année dernière, indiquant que c'était un "véritable revers" pour le dynamisme prometteur déclenché par l'envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, l'ancien président allemand Horst Kohler pendant son mandat de médiateur de l'ONU.

La résolution du Conseil de sécurité prévoyait le renouvellement de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) pour une année, ce qui a incité le Front Polisario - ajoute le responsable sahraoui - à publier une déclaration le 30 octobre dernier, pour réévaluer et réexaminer sa participation dans le processus de règlement dans sa forme actuelle.

La tenue du référendum d'autodétermination exigée

Le responsable sahraoui a précisé que pour "le Front Polisario, en tant que mouvement de libération nationale, l'option de la lutte armée n'est pas un document qui est agité, mais plutôt une option stratégique qui n'a jamais quitté le centre de l'action", notant, à l'occasion, que "malgré l'accord de cessez-le-feu en vigueur dans la région depuis près de trois décennies, la formation et l'équipement de l'armée sahraouie sont restés au centre du programme du Front et de l'intérêt du peuple sahraoui, ce qui le rend aujourd'hui à un niveau pour relever le défi de diriger à nouveau la lutte armée si nécessaire".

M. Oubi Bouchraya a également rappelé que le président de la République arabe sahraouie (RASD), secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a appelé récemment l'ONU à "faire plus d'efforts pour restaurer la confiance" du peuple sahraoui dans le processus de paix de l'ONU au Sahara occidental, occupé par le Maroc.

Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, distribuée aux membres du Conseil de sécurité onusien, le président sahraoui, M. Ghali a souligné qu'"il existe diverses mesures spécifiques que l'ONU doit mettre en œuvre pour restaurer la confiance perdue du peuple du Sahara occidental dans le processus" onusien.

Le président de la RASD a, en outre, affirmé que si le Front Polisario "réitère son engagement continu pour une solution pacifique au conflit, il ne peut jamais être partenaire dans un processus qui ne respecte pas et ne prévoit pas l'exercice par le peuple du Sahara occidental de ses droits inaliénables à l'autodétermination et à l'indépendance conformément aux résolutions pertinentes de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité", d'après la lettre envoyée à Guterres après l'organisation du 15e Congrès du Front Polisario (du 19 au 25 décembre), dans les territoires libérés de Tifariti auquel 300 invités étrangers et 2.400 délégués sahraouis ont participé.

Un processus politique sérieux fondé sur une base claire et solide

Dans ce contexte, M. Ghali a souligné que le Congrès "a fait le point sur les efforts internationaux menés par les Nations unies visant à résoudre le conflit au Sahara occidental résultant de la poursuite de l'occupation illégale marocaine de parties du Sahara occidental depuis le 31 octobre 1975".

A cet égard, le Congrès a exprimé "son ferme soutien à la décision prise par le Front Polisario concernant son engagement dans le processus de paix des Nations unies", a fait savoir M. Ghali.

Dans sa lettre aussi, le président de la RASD a appelé l'ONU à "initier un processus politique sérieux fondé sur une base claire et solide, conforme aux principes pertinents du droit international et visant à parvenir à une solution pacifique et durable fondée sur le consentement du peuple sahraoui exprimé à travers un processus crédible et authentique d'auto-indépendance".

A cette fin, la nomination rapide d'un envoyé personnel "compétent et indépendant" du secrétaire général (de l'ONU) pour le Sahara occidental "est cruciale", a-t-il insisté.

Et enfin, M. Ghali a exhorté l'ONU à "assumer pleinement et efficacement sa responsabilité envers le Sahara occidental, qui reste un territoire non autonome, et envers son peuple, comme l'a réaffirmé à maintes reprises l'Assemblée générale (AG)". Cela comprend, a-t-il précisé, la garantie de la protection des droits politiques, économiques, sociaux et culturels du peuple sahraoui, y compris son droit à la souveraineté permanente sur ses ressources naturelles, et des rapports réguliers sur la situation dans le territoire aux organes compétents des Nations unies.

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