Ile Maurice: Ces secteurs qui recrutent en 2020

545 700 Mauriciens étaient en situation d'emploi au troisième trimestre de 2019 selon Statistics Mauritius. Qu'en sera-t-il en 2020 ? Quels secteurs seront les plus porteurs ? Et pour quels postes précisément ? Explications.

Pêche

«D'ici les trois premiers mois de l'année, je compte procéder au recrutement d'une centaine de personnes», lance Bahim Khan Taher, responsable de la société Hassen Taher Seafoods. Selon lui, le secteur de la pêche regorge d'opportunités dans la transformation du poisson et pour l'avenir des pêcheurs. Dans la première catégorie, les recrutements se feront surtout pour le nettoyage et le découpage du poisson en steak, filet, etc. Deuxièmement, le secteur aura besoin de pêcheurs en haute mer ainsi que de pêcheurs artisanaux, affirme notre interlocuteur. «Notre projection est de développer davantage la pêche artisanale, qui a toujours plein de potentiel. Malheureusement, nous faisons face, à ce niveau, à un gros manque de ressources. Les jeunes préfèrent travailler sur la terre ferme, par exemple dans l'hôtellerie ou la sécurité», précise-t-il.

Tourisme et hôtellerie

Le secteur touristique est appelé à recruter encore plus, estime Aurélie Marie, de Myjob.mu. Pour elle, tous les départements seront concernés, comme la restauration, la maintenance, les relations avec la clientèle, entre autres. «Beaucoup de postes de cuisiniers, boulangers, pâtissiers, thérapeutes pour le spa, night auditors, serveurs et d'animateurs seront à pourvoir dans l'hôtellerie», souligne-t-elle. À cela se rajoutent des emplois en «support marketing», ressources humaines et dans la communication.

D'après Kurslyne Sénèque, directrice de Get in Touch Events et Wedding Planner, les villas privées seront très sollicitées en 2020, ce qui nécessitera plus d'emplois pour des effectifs spécialisés dans la fourniture de ces services. Elle évoque notamment le personnel d'entretien, de ménage, de chef à la demande, entre autres.

Construction

De nouveaux types de construction se populariseront en 2020. «Ceux-ci allient les matières plus naturelles, comme le bois, le ciment et la fibre de verre, entre autres. Donc, plus besoin de briques et de barres de fer. Ce sont des maisons préfabriquées qui sont montées sur place à Maurice. Parfois, une semaine suffit pour les compléter», constate Kurslyne Sénèque. Du coup, des postes en maçonnerie, crépissage et autres spécialisations de la construction seront à pourvoir.

D'ailleurs, pour les villas et les «lodges», ce concept est tout aussi prisé et résiste aussi bien à l'hiver comme à l'été. Selon Thierry Goder, Chief Executive Officer (CEO) de l'agence de recrutement Alentaris, dans la construction, les cadres intermédiaires et supérieurs sont aussi très recherchés, à l'exemple de responsables d'achats, de Contract Managers, entre autres.

Services externalisés et technologie

Selon Aurélie Marie, en 2020, les perspectives dans le domaine des services externalisés, soit le BPO, auront le vent en poupe. «Nous comptons plus de 300 postes par mois sur notre site, pour plus de 430 ressources recherchées», confie-telle. Idem pour les Technologies de l'information et de la communication (TIC). D'après notre interlocutrice, les postes de développeurs Web, d'administrateur réseaux et systèmes, de techniciens ou de spécialistes dans les fonctions d'assistance informatique seront plus demandés en 2020.

Dans la technologie, des recrutements pour les développeurs de logiciel sont également à prévoir. «Dans ce domaine, on recrute des diplômés et même ceux disposant d'une maîtrise», soutient le Dr Kaviraj Sukon, directeur général de l'Open University of Mauritius. Il ajoute que le secteur de la «data science» s'étendra davantage. «Beaucoup de données sont générées dans les activités de tous les jours. Par exemple, quand on est à la caisse des supermarchés, on passe sa carte de fidélité. Qu'advient-il de ces données qui sont générées ? On n'a pas de gens pour les analyser. Or, il nous en faut.» Les «backend developpers» et ingénieurs en intelligence artificielle seront aussi en demande, confirme le CEO d'Alentaris.

Communication et événementiel

Les métiers de la communication font leur révolution. En sus des responsables de communication traditionnels, d'autres postes spécialisés sont en constante demande, indique Thierry Goder. «Auparavant, le responsable des ressources humaines était considéré comme un Jack of all trades. Mais désormais, il s'entoure de spécialistes, surtout avec l'avènement du numérique. Ainsi, il travaille avec un responsable de communication qui, à son tour, s'appuie sur des responsables d'événementiel, de rédaction, de copywriting, en interne ou à travers des agences.»

Et bien sûr, les emplois en communications numériques sont également en grande demande, notamment pour les gestionnaires de pages Facebook, de sites internes, entre autres.

De son côté, Kurslyne Sénèque affirme que Maurice est appelé à se positionner comme une plateforme de l'événementiel dans l'océan Indien. «Par exemple, le tout nouveau stade de Côte-d'Or (photo) peut accueillir entre 15 000 à 20 000 personnes. Par extension, on assistera à plus d'organisations de concerts, de conférences, entre autres événements. Il faut bien sûr des ressources pour s'en occuper.» À ce titre, elle évoque des «event coordinators» et des concepteurs de montage. «Par exemple, il faut concevoir un thème et créer un design dont on répliquera le modèle sur le papier en 3D», ajoute-t-elle.

Médecine

Cette année, les spécialistes seront aussi très recherchés. «Nous avons déjà beaucoup de généralistes. En revanche, à Maurice, il nous manque des Pediatric Surgeons», affirme le Dr Kaviraj Sukon. De ce fait, l'emploi de ce type de professionnels est nécessaire. Puis, face à une population vieillissante, la médecine gériatrique est une nécessité. De plus, selon lui, avec l'augmentation de la pension de vieillesse, il y aura plus de foyers et de maisons de retraite. Il faudra donc davantage d'effectifs spécialisés dans les services à la personne.

Agro-alimentaire

Dans le secteur manufacturier, les opportunités viennent surtout issues de l'agro-alimentaire, déclare Thierry Goder. «D'après les demandes que nous recevons, les postes sont à pourvoir à Maurice et aussi bien qu'à l'étranger. Des exemples sont ceux pour des responsables d'achats, directeurs généraux à l'étranger, responsables pour la maintenance ou encore dans le Facility Management», explique-t-il.

Exportation et logistique

Les métiers liés à l'exportation sont de plus en plus prisés. «Tout cela relève du Fast Moving Consumer Goods. À ce titre, les employeurs recherchent surtout du personnel en logistique, comme des directeurs, entre autres», précise Thierry Goder. En fait, soutient-il, ce sont des professions qui existaient avant, mais aujourd'hui, les demandes sont devenues plus pointues, notamment pour l'élaboration de stratégies des logistiques.

Ressources humaines

Les auxiliaires en ressources humaines sont toujours recherchés. Mais en 2020, on assistera surtout à des demandes de gestionnaires et responsables de talents à l'interne ou en externe, explique le CEO d'Alentaris. Selon lui, des responsables de salaire, qui travaillent souvent au département des ressources humaines, sont également recherchés. «Parfois, il faut également externaliser ces compétences. D'ailleurs, certaines sociétés qui ont délocalisé leur back-office à Maurice cherchent des spécialistes du Payroll.»

Finances

Dans cette filière, ce sont surtout les postes en comptabilité qui sont à pourvoir, souligne Aurélie Marie. Néanmoins, précise le Dr Kaviraj Sukon, directeur de l'Open University, «la demande est davantage articulée sur les professionnels disposant de qualifications complètes, soit une licence ou des formations intégrales en Association of Chartered Certified Accountants (ACCA). Par exemple, des niveaux partiels en ACCA seront insuffisants».

Toujours dans ce secteur, la responsable de Myjob.mu pour des postes d'analystes financiers, d'auditeurs/ évoque les demandes contrôleurs en gestion et de directeurs financiers. Selon Kaviraj Sukon, l'intelligence artificielle et la blockchain seront appelées à intégrer davantage le service bancaire et celui des assurances. «On a besoin de professionnels qui peuvent programmer et faire basculer le système sur la technologie blockchain», affirme-t-il.

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