Congo-Kinshasa: Unikin - Tout étudiant trouvé au home au-delà du délai fixé sera considéré comme un infiltré

Batiment administratif de l'UNIKIN

La mise en garde a été faite par la police, après la décision du gouvernement de l'arrêt de toutes les activités au sein de cette institution et l'obligation de tous les étudiants de quitter les résidences universitaires.

Le commissaire provincial de la police/ville de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo rappelle aux étudiants de l'Université de Kinshasa (Unikin) qu'il a reçu l'ordre de procéder au déguerpissement de tout occupant qui restera au home après l'ultimatum de 48 heures donné aux étudiants par le gouvernement pour quitter les résidences universitaires. Selon lui, tout étudiant de l'Unikin qui sera au home après ce délai, qui expire le jeudi 9 janvier 2020, sera considéré comme un infiltré. « C'est pourquoi, tout étudiant qui sera présent à l'Unikin après le jeudi 9 janvier 2020 sera considéré comme un infiltré, un ennemi de la République, faisant partie des bandits qui ont tué et blessé grièvement les éléments de la police le lundi 6 et le mardi 7 janvier derniers », a souligné le général Sylvano Kasongo, dans un communiqué daté du 8 janvier 2020.

Le général Sylvano Kasongo fait, par ailleurs, savoir que le commissariat provincial de la police/ville de Kinshasa usera de tous les moyens légaux à sa disposition pour exécuter cet ordre lui donné par les autorités compétentes. Il en appelle également aux parents et tuteurs des étudiants régulièrement inscrits comme résidents aux homes de leur demander d'évacuer volontairement avant le lancement de l'opération de déguerpissement forcé.

Toutes les activités suspendues

Il est rappelé que le gouvernement central, via le ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU), a décidé, à l'issue de la réunion tenue le mardi 7 janvier 2020 au ministère de l'Intérieur, de suspendre toutes les activités au sein de l'Unikin et l'évacuation, endéans 48 heures, de tous les occupants des résidences estudiantines. Après ce délai des deux jours pour l'évacuation volontaire, la police a reçu l'ordre de procéder à l'évacuation forcée de tous les récalcitrants.

Ces mesures, note-t-on, ont été prises en rapport avec les derniers événements qui ont eu lieu au sein de cette institution universitaire dont le bilan a fait état de graves dégâts matériels et humains. Annonçant ces mesures, le ministre de l'ESU, Thomas Luhaka, qui a appelé le Comité de gestion de l'Unikin à collaborer dans l'application de ces dites mesures, a indiqué que ces dernières ont été prises en accord avec le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, et après concertations avec le Comité national de sécurité.

Il est rappelé que deux policiers ont été tués et d'autres blessés, le 7 janvier, lors de ces manifestations des étudiants de l'Unikin, qui protestent contre la hausse des frais académiques. Alors que ces derniers ont également saccagé le siège de l'Association des professeurs, la succursale de la banque et l'agence de la poste situées au rez-de-chaussée du bâtiment administratif, ainsi que la salle de promotion localisé au même endroit. Ils ont, en outre, brûlé plusieurs véhicules de l'Unikin et des particuliers trouvés dans le site universitaire.

En réaction, le gouvernement, qui a suspendu toutes les activités au sein de cette université, a également décidé du délogement des étudiants des hommes, en promettant d'ouvrir une enquête pour permettre d'identifier les vrais étudiants bénéficiaires de logement pour être rapidement reloger ou réinstaller, d'identifier les fauteurs des troubles et de les déférer devant la justice. « Il est demandé aux autorités compétentes de la police nationale congolaise, des services de sécurité et de la justice, de procéder le plus rapidement possible à l'identification et à l'arrestation des auteurs de ces forfaits pour qu'ils subissent avec la plus grande fermeté la rigueur de la loi », avait indiqué le ministre Thomas Luhaka à l'annonce de cette décision.

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