Congo-Kinshasa: La participation politique de la femme - Mesures contraignantes par le gouvernement

8 Janvier 2020

Une année après la tenue des scrutins présidentiel, législatifs nationaux et provinciaux en République Démocratique du Congo, l'heure est à l'évaluation.

Au cours d'une conférence de presse animée par les femmes de la société civile, le mardi 24 décembre 2019 au Cenadep, Me Gabrielle Pero, chargée du genre et droits humains au sein du Centre National d'Appui au Développement et Participation Populaire (CENADEP) et chargée du programme Mines au Forum des Femmes pour la Gouvernances des Ressources Naturelles, elle a exhorté ses consœurs à se réveiller afin d'augmenter le taux de leur participation dans la politique.

Selon les taux de participation aux scrutins, les femmes sont plus nombreuses que les hommes mais ce sont ces derniers qui sont le plus élus. Me Gabrielle Pero estime que la responsabilité incombe aux partis politiques, dont les chefs préfèrent aligner plus d'hommes que de femmes dans la course aux mandats électifs. Aussi a-t-elle invité les chefs des partis politiques à faire confiance à leurs cadres féminins.

Pour changer la donne, la société civile pense que le gouvernement devrait mette en œuvre des mesures contraignantes, par exemple des quotas spécifiquement réservés aux femmes mais aussi le conditionnement de la recevabilité des listes des candidats par le respect du principe de la parité. Elle a épinglé aussi certains tabous culturels qui interdisent aux femmes de parler devant les hommes, alors qu'elles fréquentent les mêmes écoles qu'eux et les mêmes enseignants.

« Vous avez promulgué la loi sur la parité, mais il n'y a pas de mesure d'accompagnement. Donc, c'est au gouvernement de faire en sorte que le principe de la parité soit respecté, surtout que les femmes constituent 52% de la population congolaise. Comment développer un pays sans la majorité ? »

Maitre Pero a terminé son adresse en lançant un message particulier aux leaders d'opinions et d'organisations de la société civile afin qu'ils fassent en sorte que la population soutienne la femme. Selon elle, « c'est le même travail qui doit être mené pour la participation politique de la femme en RDC. La société, les parents, les maris, les amis doivent laisser leurs femmes et filles qui ont des potentialités de se lancer dans la politique. Mettre de côté les stéréotypes culturels, bref que tout le monde fasse confiance à la femme, il ne faut pas lui dire que si tu fais la politique, bako bala te, tu seras une fille impolie, etc. ».

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