Congo-Kinshasa: UNIKIN - Les occupants des homes sommés d'évacuer

Batiment administratif de l'UNIKIN
8 Janvier 2020

Une photo parmi la centaine prise lors des incidents de saccage survenus le lundi 6 et le mardi 7 janvier 2020, à l'Université de Kinshasa, a suscité froid au dos et indignation générale de la population kinoise devant l'ampleur des événements et l'horreur des actes de vandalisme.

On y voit deux marginaux mus par une cruauté indicible, avançant à pieds à côté d'une jeep de la police. L'un brandissait une machette qu'il comptait utiliser contre un policier en tenue assis par terre, sans défense. Et un autre délinquant également armé d'une machette, décidé à faire passer aussi un mauvais quart d'heure à l'agent de l'ordre solitaire désarmé.

Comme si leur indignation était parvenue aux oreilles des responsables de la sécurité nationale, le Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa a lancé hier, un communiqué invitant à la suspension de toutes les activités académiques et administratives sur le site universitaire. Aux occupants de homes, il leur a été signifié l'évacuation de façon volontaire, de tous les logis à leur disposition. Bien entendu, il s'agit des étudiants réguliers et irréguliers, des civils, des militaires et des policiers hébergés en sous-location, et même certaines familles.

Afin de faire le tri entre les vrais étudiants répertoriés et identifiés au niveau de l'université, et les « infiltrés » de manière à faire déguerpir endéans quarante huit heures, tous les récalcitrants qui estiment que l'Etat de droit est mort de sa belle mort sous le régime de Félix Antoine Tshisekedi.

L'enquête de la police serait incomplète si l'on n'identifierait pas toute main noire quelle qu'elle soit qui aurait agi par des discours incendiaires, des appels aux saccages et aux attaques des personnes innocentes et à leurs biens. La police devrait d'autre part, lancer une vaste opération de ratissage au campus et dans ses environs immédiats, tels que Livulu, Mbanza Lemba, Tchad, Kindele, et même à Kimwenza.

Seul le langage de la fermeté permettrait de redonner sa force et toute son autorité à l'Etat dans la gestion de revendications sociales et politiques. Il faut donc que force reste à la loi.

Quand on décrypte cette image et le message qu'elle véhicule, force est de constater que par leurs accoutrements, les manifestants porteurs de machettes, décidés à tout casser, ne seraient pas des étudiants réguliers de l'Université de Kinshasa. Mais seraient probablement des rebus de la société, des délinquants sans foi ni loi, qui ont basculé dans le banditisme urbain. Car au lieu de disposer des syllabus, des notes de cours et autres ouvrages scientifiques, ils se sont dotés des burins, des marteaux et autres armes blanches, dans le dessein de rayer l'Université de Kinshasa de la carte de la ville.

C'est avec satisfaction que l'on a appris hier mardi 7 janvier 2020, que le Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa avait pu procéder à l'arrestation d'une trentaine des manifestants surpris en pleine campagne de destruction des bâtiments, de saccages des véhicules et de voies de faits sur les agents de la police et autres passants qui s'étaient retrouvés au mauvais endroit et au mauvais moment.

Pour les observateurs, le coup de filet de cet échantillon de la jeunesse délinquante issue de quartiers mal famés, doit aider la police à faire l'état de lieu de la situation. Non seulement, il faudrait identifier chaque marginal, le situer dans sa « milice propre » qui devrait faire l'objet d'une catégorisation particulière. L'opinion serait intéressée à connaître les meneurs éventuels, la main noire qui a distillé le discours de la haine et du chaos, ainsi que les encadreurs qui ont fourni des armes blanches et autres aux manifestants.

Avant de se lancer dans l'arène, à quelles activités criminelles se livraient-ils avant d'être recrutés dans les milices visant le campus de Kinshasa ? Et quels sont leurs antécédents judiciaires?

Car, à y voir de près, il n'y a pas eu de mouvement spontané des masses. On ne peut pas se réveiller un matin et décider seul ou trois ou quatre individus pour aller saccager l'Université de Kinshasa, sachant qu'au départ, ce site est placé sous la surveillance des services de police et garde universitaires. En plus, à chaque incident, ces éléments, s'ils sont débordés, font toujours appel aux agents de la police du Commissariat urbain du Mont Amba qui, à leur tour, seront renforcés par ceux d'autres unités.

Les parents des étudiants, révoltés face aux troubles survenus sur le site universitaire et qui ont pour conséquences, la suspension des activités académiques et administratives, et le déguerpissement de tous les occupants des homes, soutiennent toute action de fermeté de l'Etat devant se traduire par la traque des manifestants, étudiants ou marginaux, pris en flagrant délit des actes de vandalisme, leur identification au sein de différentes milices qui se sont acharnées sur les infrastructures publiques, biens privés, des personnes et des éléments de la police.

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