Maroc: Le cross-country national à la quête de son lustre d'antan

Si l'ère d'Abdeslam Radi et Ghazi Zaâraoui (Ben Assou), puis celle d'Adil Kaouch et génération, ont constitué la période la plus prospère que le cross-country national ait vécu, cette discipline, malgré une présence constante sur la scène internationale, court toujours à la recherche de sa gloire.

Les titres de feu Abdeslam Radi au cross des nations (actuel championnat du monde) à Glasgow (Ecosse) en 1960 et de Zaâraoui à Rabat en 1966 ont été la clé de voûte qui a érigé le cross-country dans le système sportif du Maroc indépendant, voire l'étincelle qui a fait émerger d'excellents coureurs ayant façonné l'histoire de l'athlétisme national pour une longue durée, à l'instar de Saïd Aouita, Nawal El Moutawakel, Khalid Skah, Salah Hissou, Hicham El Guerrouj, Nezha Bidouane et autres, des noms considérés comme des icônes dans les courses de fond et de demi-fond. Cependant, en dépit du potentiel physique et logistique dont dispose l'athlétisme, le cross-country en particulier, ce dernier a connu une baisse de régime vertigineuse au niveau des résultats dans le plus prestigieux des événements mondiaux, à savoir le Championnat du monde.

Le Maroc est absent depuis plusieurs années du podium du championnat du monde du cross-country individuel et par équipes, puisque son dernier sacre remonte à 2007 au tournoi de Mombasa (Kenya), où il a remporté une médaille d'argent et une de bronze aux épreuves hommes et femmes par équipes, avant de parvenir à s'adjuger la médaille d'argent du relais mixte dans le tournoi danois d'Aarhus, en 2019.

Quant à son dernier rendez-vous au niveau individuel avec le podium, il date du tournoi de Fukuoka (Japon) en 2006 lorsque l'ancien champion du monde juniors du 1.500m et vice-champion du monde dans la même course à Helsinki en 2005, Adil Kaouch, a remporté la médaille de bronze dans le cross court (4 km), qui a par la suite été supprimé du programme du comité international olympique.

A cet égard, l'inspecteur à la Fédération Royale marocaine d'athlétisme (FRMA), Abdallah Ouba, un spécialite qui a accompagné des noms ayant marqué la mémoire sportive nationale, s'est attardé sur les prouesses de nombreux champions, à l'image d'Abdeslam Radi qui avait gagné le championnat de France et participé à plusieurs championnats internationaux, comme les Jeux olympiques de Rome où il a arraché une médaille d'argent historique. Le cadre national s'est également arrêté, dans une déclaration à la MAP, sur l'exploit d'El Ghazi Zaâraoui, détenteur du premier titre marocain dans le cross des nations, qui a constitué un événement historique et un envol pour l'athlétisme et le cross-country marocain, se remémorant d'autres noms qui ont marqué de leurs empreintes l'histoire du sport national, même s'ils ne sont pas allés au bout de leur rêve, à l'instar de Haddou Jador, Laanaya et Omar Anassi, pendant une période marquée par la domination de l'équipe des FAR dans les différentes compétitions du cross-country et du cross-country mondial militaire. M. Ouba n'a pas manqué de lier le passé du cross-country national à son présent à travers des noms restés gravés et qui ont brillé dans le ciel des championnats du monde, tels que Salah Hissou et Khalid Skah, vainqueurs de deux titres au championnat du monde dans sa nouvelle version, ainsi que Adil Kaouch et d'autres.

A cet égard, le responsable à la FRMA a assuré que les compétitions de cross-country ont connu des changements majeurs à l'échelle mondiale, passant du 12 km dans les catégories hommes et femmes aux compétitions de fond, de demi-fond et de relais.

Concernant la mémoire sportive nationale, il a notamment évoqué la problématique des archives sportives, notant que la FRMA, consciente de l'importance de ce sujet, a désigné un groupe de cadres qui travaillent dans les domaines des statistiques et résultats pour rassembler les archives de l'athlétisme national des années 60, 70 et 80.

Par ailleurs, sur le plan de la préparation des athlètes, Abdelilah Ouba a relevé la non conformité entre les rythmes des études et des entraînements, notant que la préparation d'un futur champion nécessite au moins deux séances d'entraînement par jour, ce qui reste difficile à l'heure actuelle pour nos élèves, malgré la disponibilité d'infrastructures importantes.

Il a également regretté l'absence de la culture de sponsoring en tant que mécanisme qui contribue à l'indépendance et au développement du sport, mettant l'accent sur la nécessité de l'implication des conseils locaux et de la société civile.

En ce sens, a-t-il ajouté, la Fédération a mis en place un programme qui s'appuie sur la régionalisation pour la généralisation de la pratique et par lequel chaque ligue s'engage à organiser trois manifestations de cross-country avec la participation de différentes catégories (benjamins, minimes, cadets, juniors, espoirs, seniors), ajoutant que l'objectif est la prospection de jeunes talents et le renforcement de la compétitivité des champions marocains à travers des compétitions interligues.

Sur le plan national, la FRMA veille à l'organisation régulière de plusieurs compétitions d'athlétisme et de cross-country fédéral avec la participation d'athlètes de toutes les catégories d'âge, le but étant, a-t-il expliqué, de dénicher les meilleurs éléments qui vont intégrer l'Institut national d'athlétisme (INA) pour une formation académique, en plus de la participation au championnat national et à des compétitions continentales et internationales.

La formation, basée sur un modèle unifié qui repose sur la coordination et la responsabilité collective, est assurée par un staff technique à l'INA composé des entraîneurs Karim Ait El Haj, l'ancien champion olympique Ali Ezzine, Hafid Nabaoui et Anas El Moudden, outre le coach du champion Soufiane El Bakkali, Karim Telmçani.

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