Burkina Faso: Explosion dans une école franco-arabe - D'où est venue cette fameuse grenade ?

C’est dans cette salle que la grenade a explosé.

Une explosion s'est produite ce mercredi 08 janvier 2020 dans une école franco-arabe nommée Darou kour An Hadise de Nonghin, un quartier périphérique du secteur 38, arrondissement 9 de Ouagadougou, blessant quatre élèves dont 02 grièvement qui ont été pris en charge au Centre médical Paul VI.

A notre arrivée dans le quartier, il était 11 heures, et il était difficile d'avoir accès au lieu du drame. Il fallait un guide pour vous y conduire dans le dédale des ruelles, tellement elles sont étroites. Sur le site, les Forces de défense et de Sécurité avaient déjà envahi les lieux (ainsi que quelques badauds) et s'affairaient aux constats d'usage.

Les forces de sécurité interdisaient l'accès des lieux, et même ceux qui tentaient de faire des prises de vues de loin en étaient dissuadé. A midi passé, le maire de Ouagadougou, Armand Béouindé, accompagné du gouverneur du Centre, Sibiri de Issa Ouédraogo, et du haut-commissaire du Kadiogo, Boureima Sawadogo, débarque sur les lieux, et entre dans l'enceinte de l'école. Ils sont briefés par la sécurité et, quelques minutes après leur sortie, le maire s'adresse aux journalistes qui attendaient impatiemment.

Selon le bourgmestre, la vie des blessés n'est pas en danger. Sur l'origine de l'incident, il dit ne pas avoir d'assez d'éléments pour le moment.

Mais il dit qu'un élève aurait manipulé un engin explosif, causant l'explosion, confirmant ainsi le communiqué de la gendarmerie y relatif. «Pour l'instant, ce sont les constats. On ne peut pas faire de commentaire, on attend les résultats des enquêtes, qui sont en cours, pour qu'on sache réellement ce qui s'est passé», a affirmé le maire.

Quant à l'origine de l'engin explosif et aux détails sur l'explosion, il conseille d'attendre les résultats des enquêtes entamées par la police.

Par ailleurs, il a invité les populations à rester calmes, car la situation est maîtrisée grâce à la promptitude de la police et des sapeurs-pompiers. Selon l'enseignant du CP1, Tidiane Ouédraogo, l'explosion s'est produite dans la classe du CE1, qui a pour enseignant Abdoul Razack Sawadogo, lequel a été amené par les forces de sécurité pour enquêtes.

«C'est vers 8 heures, dans la classe du CE1, que l'explosion a retenti, créant la panique dans les environs. Celle-ci a eu lieu au moment où le maître de la classe avait commencé son cours. A peine les élèves installés et que le maître en a soumis quelques-uns à une interrogation orale sur le Coran qu'a retenti l'explosion. Les élèves criaient et couraient dans tous les sens pour se mettre à l'abri. Nous n'avons pas vu quelque chose de suspect. Nous ne savons pas comment l'incident a pu se produire», a déclaré l'enseignant. Marcel Ouédraogo, un riverain de l'école, est rentré à la maison suite à l'alerte de sa femme qui disait que l'école d'à côté a été attaquée par des terroristes.

«C'est à ce moment que j'ai enfourché ma moto pour rentrer et voler au secours de mon épouse. Quand je suis arrivé à quelques mètres de chez moi, les lieux étaient barricadés par la police et la gendarmerie. J'ai voulu forcer le passage et j'ai été menotté par les FDS qui pensaient que je voulais m'en prendre à leur chef. Après des explications, j'ai pu m'extirper et j'ai foncé pour trouver ma femme toute paniquée. C'est alors qu'elle m'a dit qu'il y a eu une forte explosion dans la cour de l'école, qui est à un mètre de mon domicile. Pour le moment, comme les autres riverains, je ne connais pas l'origine de la déflagration», a-t-il affirmé.

Mamata Ouédraogo, ménagère, affirme qu'elle faisait le ménage après le départ de son mari pour le travail quand elle a entendu une explosion dans la cour de l'école.

« Je me suis refugiée dans ma maison un bout de temps. C'est quand j'ai entendu des gens qui parlaient dehors que j'ai mis la tête au-dessus du mur et vu des enfants qu'on transportait les visages ensanglantés. Je me demandais ce qui a pu leur arriver. Prise de peur, j'ai enfourché ma moto pour rejoindre mon mari au marché et l'en informer. Par la suite, j'ai appris que c'est une grenade qui a explosé dans une salle de classe. Je n'ai pas remarqué quelque chose de suspect», a-t-elle affirmé.

Au CMA Paul VI où les blessés ont été transférés, nous avons rencontré le Dr Kaboré Crépin, médecin généraliste au bloc opératoire, qui affirme avoir reçu quatre blessés, dont deux ont été référés aux urgences chirurgicales de Charles de Gaulle. «Ils ont des plaies au visage qui peuvent endommager les yeux, mais ce sont les examens à réaliser qui pourront nous situer dessus », a-t-il indiqué.

Une des victimes, l'élève Abdoul Mohamine Zagré, qui était sur son lit en train de manger son sandwich lors de notre passage, affirme ne pas savoir comment les évènements se sont déroulés.

Plus de: L'Observateur Paalga

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