Congo-Kinshasa: L'AETA implique les jeunes dans la lutte contre la corruption

L'ONG Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées (AETA) a organisé le week-end dernier au centre Liloba, un espace citoyen d'information, consultation et dénonciation de la corruption.

Cette activité qui entre dans le cadre de la synergie «Le Congo n'est pas à vendre» a réuni plusieurs jeunes provenant de toutes les 24 communes de Kinshasa. Elle avait pour objectif d'impliquer la jeunesse à travers des mouvements citoyens, des groupes de base et même des hommes de l'église dans la lutte contre la corruption.

A en croire Gérard Bisambu, secrétaire général de l'AETA, la corruption est une question citoyenne que la majorité de congolais doit s'approprier, de telle sorte que les actions efficaces puissent amener au changement de comportement au regard de tout ce qu'il y a comme tentations de corruption. Il a ainsi appelé les participants à se mobiliser contre ce fléau qui gangrène la RDC sur tous les plans.

Il sied de préciser que c'est depuis le 9 décembre 2019 que des organisations de la société civile congolaise, en l'occurrence l'AETA, l'Observatoire de la Dépense Publique (ODEP), le réseau d'Education Civique au Congo (RECIC), le Congo Nouveau et l'Observatoire Citoyen des Droits et de lutte contre la corruption (OCIDEC), ont lancé une campagne dénommée «Le Congo n'est pas à vendre» (CNPAV). Ce, en marge de la journée internationale de lutte contre la corruption célébrée tous les ans.

Des exposés

Deux orateurs ont animé cet atelier et ont démontré que la corruption reste un frein au développement de la RDC. Ernest Mparare de la Ligue Congolaise Contre la Corruption (LICOCO) a, dans son exposé, retracé les grandes lignes du rapport de dénonciation de la LICOCO. Ce rapport a dévoilé la mafia dans de nombreux projets dont la réalisation a enrichi vachement des individus. L'on cite le parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, les redevances logistiques terrestres, le Go pass, la réhabilitation du Palais du Peuple pour accueillir le sommet de la Francophonie, la construction de 12 passerelles au lieu de 5, les terrains municipaux, les machines à voter, etc.

A son tour, le pasteur Fofana a axé son intervention sur «l'engagement de l'église dans la lutte contre la corruption». Il a, de prime abord, énuméré les différents types de corruption avant d'en présenter la cartographie mondiale. Les pays les plus corrompus, dit-il, se retrouvent en Afrique et les moins corrompus sont les pays scandinaves. «Pour aller dans la bonne direction, il faut imiter les bons exemples, les pays scandinaves qui sont les moins corrompus au monde», a-t-il exhorté.

Et «nous dans la société civile, nous sommes l'église. Celle-ci doit parler de la corruption. Parce que tout ce qui concerne le peuple de Dieu ne doit pas nous laisser indifférent. Tant que nous avons une société corrompue, il va sans dire que l'économie, la politique, le mental, le spirituel... sont corrompus. C'est pourquoi, nous avons pris conscience qu'il faut une nouvelle génération d'hommes de Dieu qui crient haut et fort, tirent la sonnette d'alarme sur tous les faits de corruption».

Des recommandations

Après avoir suivi minutieusement les intervenants, les participants ont émis le vœu de voir une telle initiative se répercuter dans les communes, territoires, provinces et villages pour un agir commun. En outre, ils ont appelé les organisations de la société civile à travailler en synergie avec des églises afin de lutter contre la corruption et ont suggéré l'implication des mouvements citoyens, les actions des syndicats mais également de toutes les associations, les corporations professionnelles pour que la lutte contre la corruption se matérialise dans le comportement de l'ensemble de la population.

«Nous devons aider le chef de l'Etat à mettre en pratique les promesses qu'il a faites en rapport avec la corruption, parce que seul c'est difficile. Il est important qu'elles deviennent des promesses citoyennes et que des actions concrètes soient réalisées à tous les niveaux pour que la corruption soit une affaire de tous les congolais», a déclaré le secrétaire général de l'AETA.

Les sanctions concernant la corruption n'ont ni temps, ni espace, encore moins d'immunité à accorder, a renchérit Gérard Bisambu. C'est pourquoi, il demande au Président de la République de sanctionner de façon exemplaire et drastique, tous ceux qui seront jugés coupables d'actes de corruption.

Très prochainement, cette synergie a prévu des rencontres avec des élus nationaux et provinciaux pour échanger sur les différentes préoccupations de la population par rapport à la corruption, de telle sorte qu'à leur tour les élus du peuple fassent parvenir cela au niveau du parlement.

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