Kenya: Les shebab menacent de lancer de nouvelles attaques

Les islamistes somaliens ont lancé un appel à de nouvelles actions terroristes visant les intérêts kenyans et américains, ainsi que des touristes, a-t-on appris.

Dans un communiqué, rendu public le 8 janvier, les shebab, groupe lié à Al-Qaïda, soulignent que l'attaque qu'ils avaient menée contre le camp Simba, près de Lamu (est du Kenya), qui a tué trois Américains et détruit plusieurs avions, constituait un « avertissement ».

La source demande aux djihadistes « de faire des intérêts des Etats-Unis leur première cible ». « Retirez toutes vos forces de nos terres musulmanes pendant que vous pouvez encore le faire. Sinon, préparez-vous au pire et préparez-vous à des moments périlleux, parce que le Kenya ne sera jamais en sécurité et les Kényans ne dormiront jamais en paix la nuit », affirme-t-elle. « Les touristes et les voyageurs qui visitent le pays sont avertis qu'il ne sera plus possible de visiter le Kenya en toute sécurité ou d'y faire des safaris », poursuit-on.

Le 5 janvier dernier, le commandement américain pour l'Afrique avait annoncé que l'attaque contre le camp Simba, une base militaire américano-kenyane située dans le sud-est du Kenya, près de la frontière avec la Somalie, avait fait trois victimes ainsi que des quatre terroristes.

L'opération qui avait eu lieu près de l'île touristique de Lamu est la dernière en date des shebab au Kenya depuis que ce pays a envoyé des troupes en Somalie en 2011 pour y combattre ce groupe affilié à Al-Qaïda.

Plusieurs attaques de grande ampleur avaient déjà été perpétrées à l'intérieur du Kenya, et leurs auteurs qui ne sont autre que les shebab, affirment qu'ils agissaient en représailles à l'envoi de soldats kényans en Somalie en 2011 pour les combattre, mais aussi viser des intérêts étrangers. Le Kenya a notamment été la cible des attentats meurtriers du centre commercial Westgate à Nairobi (septembre 2013 - 67 morts) et de l'université de Garissa (avril 2015 - 148 morts). La plus récente, menée en janvier 2019 par des shebab d'origine kényane contre un complexe de Nairobi regroupant l'hôtel Dusit et des bureaux, avait fait 21 morts.

Par leurs attaques diverses, les shebab qui ont été chassés de la capitale somalienne en 2011 montrent leur capacité à infliger des dommages importants dans la région, malgré le fait qu'ils ont perdu le contrôle des principales zones urbaines de la Somalie. Malgré la perte de leur bastion, ces terroristes - estimés entre 5.000 et 9.000 combattants - contrôlent jusqu'à présent de vastes régions rurales d'où sont organisées des actions de guérilla et des attentats-suicides.

Hors du Kenya, plus précisément à Mogadiscio, en Somalie, les rebelles islamistes ont, malgré les coûteux efforts internationaux pour les vaincre, tué le 28 décembre dernier, 81 personnes dans l'explosion d'un véhicule. C'était l'une des opérations terroristes les plus meurtrières de la décennie dans le pays.

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