Mali: Rencontre entre la CMA et la plateforme à Menaka sur fond d'attaque terroriste - Faut-il en rire ou en pleurer ?

analyse

Il s'est ouvert depuis hier, 9 janvier 2020, à Ménaka dans le Nord-Est du Mali, des discussions entre groupes armés du Nord, à savoir la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et la Plateforme des mouvements du 14 juin d'Alger.

A l'origine des tensions consécutives à ces discussions, la mort d'un officier du Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA) en décembre 2019. Depuis cette date, les deux coalisations touaregs se regardent en chiens de faïence ; d'où la convocation de ces discussions pour élucider les circonstances de la mort de l'officier du MSA. Et pour ce faire, les initiateurs n'ont pas fait dans la dentelle.

En effet, les présidents des deux coalitions touaregs, Bilal Ag Cherif de la CMA et Fahad Ag Almahmoud de la plateforme, sont tous deux présents à Ménaka. Mieux, pour qu'ils puissent se parler droit dans les yeux, un médiateur a été désigné en la personne du général Alhaj Gamou, président du Conseil supérieur des Imghads. C'est dire si cette rencontre se veut un cadre pour aplanir les divergences entre les deux groupes armés.

Pour autant, parviendront-ils à identifier les coupables et les châtier à la hauteur de leur crime ? On attend de voir. Mais d'ores et déjà, tout laisse croire que le principal objectif de ces coalitions touaregs n'est pas de faire payer un crime mais plutôt de mieux s'entendre aux fins de tenir la dragée haute à Bamako.

En tout cas, elles voudraient faire la lumière sur la mort de l'officier du MSA, qu'elles s'y prendraient autrement en confiant le dossier à la Justice malienne. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Bamako ne voit pas cette rencontre d'un bon œil. Faut-il en rire ou en pleurer ?

Les deux coalitions cherchent à renforcer, chacune, son influence dans la région

Certes, lorsque le dialogue prend le dessus sur le crépitement des armes, c'est généralement chose à saluer, mais étant donné que les acteurs en présence sont opposés à Bamako, l'on ne peut qu'être sceptique.

Le seul fait que le gouvernement malien ne soit pas associé aux discussions en cours, en dit long sur les vraies intentions de leurs initiateurs. On a le sentiment que les deux coalitions cherchent à renforcer, chacune, son influence dans la région.

D'ailleurs, l'on se demande comment ces deux coalitions en sont arrivées là ; elles qui, pas plus tard qu'hier, chantaient et dansaient au même rythme que Bamako au sujet de l'application de l'accord d'Alger ?

En tout cas, une chose est certaine, cette rencontre qui se tient dans une localité où l'Etat malien peine à asseoir son autorité, ne saurait apporter la paix au Mali. Loin s'en faut. Pour preuve, pendant que ces coalitions sont réunies autour d'une même table pour tenter de régler leurs différends, le camp militaire de Tessalit a été la cible d'une attaque dans la région de Kidal, faisant une vingtaine de blessés dont 17 Casques bleus tchadiens et deux civils.

C'est dire si ... ce n'est pas demain la veille que la paix reviendra définitivement au pays de Soundiata Keïta. Cela est d'autant plus vrai qu'aucun des gouvernements qui se sont succédé, n'est parvenu à doter l'armée malienne de moyens conséquents à même de lui permettre de résister aux assauts répétés des terroristes.

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