Congo-Kinshasa: Ministère des Affaires étrangères - L' ex-ambassadeur de la RDC au Japon entendu au Casier judiciaire

9 Janvier 2020

Est-ce l'heure de la déchéance qui a enfin sonné pour Didier Ramazani Bin Kithima, notre ancien ambassadeur au pays du Soleil Levant ? Pour cet homme sur qui reposait jusqu'il y a peu toute la gestion de notre représentation diplomatique au Japon, ainsi que le prestige de la RDC, est-ce le début d'un cauchemar ?

Tout porte à le croire quand on compulse les différents dossiers portés sur la place publique. Des dossiers dans lesquels ses responsabilités restent à établir sans complaisance, ni tergiversation. C'est dans ce cadre que le Parquet général près la Cour d'appel de Kinshasa/Gombe, par le biais de la police judiciaire, s'attèle depuis deux jours à éplucher dossier après dossier, pour dévoiler la vraie personnalité de ce diplomate atypique.

Bien que ses ennuis professionnels aient débuté il y a quelques années, l'ambassadeur Didier Ramazani a été relevé début décembre de ses fonctions, et en même temps, rappelé au ministère des Affaires étrangères. Le déclic des ennuis judiciaires est parti d'un incident malheureux survenu mercredi matin au ministère des Affaires étrangères, où il était rappelé. Mercredi 8 janvier, le rythme de travail était harmonieux au cabinet de la ministre et dans les différents services relevant du Secrétariat général aux Affaires étrangères.

Soudain, on a entendu des cris de fureur et des jurons fuser du rez-de-chaussée, juste à l'entrée des ascenseurs de l'immeuble des Affaires étrangères. Arrivée quelques minutes auparavant, notre ancien ambassadeur au Japon attendait un ascenseur pour monter au cabinet. Mauvaise coïncidence ! C'est dans ces circonstances que l'ambassadeur Kilufya Kamfwa, le directeur de cabinet, qui à peine descendu de sa voiture, est entré dans le bâtiment pour emprunter lui aussi l'ascenseur. Dans un style qui lui est propre, l'ambassadeur Didier Ramazani Bin Kithima l'a apostrophé devant quelques agents et visiteurs scandalisés par la scène.N'eût été l'intervention de quelques agents administratifs appuyés ensuite par des policiers venus à la rescousse, a laissé entendre un fonctionnaire, l'homme aurait fait des malheurs et le directeur de cabinet s'en serait probablement mal tiré.

Place aux interrogatoires

S'étant senti ainsi humilié, l'ambassadeur Kilufya a alerté le conseiller juridique, en commençant par la ministre d'Etat Tumba Nzeza, qui à son tour, a saisi en toute urgence le chef du gouvernement pour le tenir informé de cet incident déplorable. Et comme il fallait s'y attendre, la réaction est venue dans les minutes qui ont suivi. Car, sur ordre du Parquet général près la Cour d'appel de Kinshasa/Gombe, la coordination nationale de la police judiciaire a dépêché ses enquêteurs pour s'enquérir des voies de faits sur le directeur de cabinet du ministre d'Etat aux Affaires étrangères.

Pour ces infractions, Didier Ramazani a été acheminé sous bonne escorte jusqu'au bâtiment du Casier judiciaire. Un officier supérieur de la police judiciaire l'a immédiatement soumis à un long interrogatoire. Et comme si cela ne suffisait pas, l'on croit savoir qu'après cet épisode d'audition des témoins et de confrontations, l'ancien ambassadeur de la RDC au Japon serait également entendu sur la fameuse affaire de l'immeuble de notre représentation diplomatique au Japon vendue sur ordre de la hiérarchie, sur base du rapport présenté à l'époque par les diplomates en poste. Une affaire qui continue à faire couler beaucoup d'encre et de salive. On peut toutefois relever qu'à une certaine époque, deux options étaient en effet mises sur la table. Pour la première, il fallait conserver l'ancien immeuble de la ville de Tokyo dont le coût de la réfection et de rééquipement valait les yeux de la tête. Pour la seconde, il fallait le revendre pour acquérir un bâtiment moins imposant et plus fontionnel dans un autre quartier administratif huppé.La seconde option étant privilégiée, un cabinet d'experts en la matière s'est chargé de l'opération. De ce fait, la représentation diplomatique de la RDC au Japon avait changé d'adresse. Chose qui a surpris l'ancien ministre des Affaires étrangères. Vérification faite, les autorités nipponnes ont confirmé que c'est suite à cette vente, qu'elles ont été amenées à retirer les immunités diplomatiques à l'ancien immeuble, ainsi que les exonérations fiscales qui le couvraient.

D'autre part, l'acquisition du nouveau bâtiment de notre représentation diplomatique se serait-elle déroulée selon les règles de l'art et en toute transparence ? Qu'en est-il aussi de la Maison du Congo, cet autre immeuble qui faisait la fierté de nos compatriotes dans le quartier Asakusabashi ?Certainement que sur base des analyses documentaires, plusieurs pièces étant produites dans chaque dossier, les officiers supérieurs de la Coordination nationale de la police judiciaire, pourront déceler les spoliateurs du patrimoine diplomatique congolais au Japon. J.R.T.

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