Congo-Kinshasa: A l'Unikin, tous les étudiants et clandestins ont évacué les homes

9 Janvier 2020

L'ultimatum de 48 heures lancé le mardi 7 janvier 2020,par le ministre de l'Enseignement Supérieur et Universitaire, Thomas Luhaka, aux étudiants et autres occupants des Homes de l'Université de Kinshasa de vider le site et qu'au-delà de cette échéance, tout celui qui sera trouvé dans les homes serait considéré comme «infiltré» a produit ses effets. A quelques heures de l'assaut final, aucun étudiant n'était signalé sur le site. Constat fait dans la matinée d'hier jeudi 9 janvier.

Tous les homes à savoir 30, 20, 10 ainsi que ceux du Plateau énumérés de 1à 8 occupés par les garçons ainsi que le Vatican, 80 et 150, occupés par les filles, ont présenté un même spectacle. Grilles et portes sont restées fermées. Sur place, ce sont les éléments de la police nationale congolaise qui se sont positionnés aux quatre coins qui donnent accès aux différents homes afin de tout infiltration.

Car, dans l'enceinte même des homes, c'était la course-poursuite engagée par des éléments de la police nationale congolaise et la police universitaire contre certains badauds qui avaient déjà réussi à s'infiltrer dans les homes pour récupérer certains biens abandonnés par les étudiants. Ces badauds, associés à certaines femmes venus des quartiers environnants, tentaient de récupérer certains biens abandonnés par les étudiants vu le temps qui s'écoulait déjà. Ces étudiants, pour ne pas être considérés comme «infiltrés» ont préféré partir, laissant derrière eux certains biens de valeur. D'autres par contre, pour ne pas tout perdre, ont fait une vente aux enchères.Lors de ce déguerpissement, même certains administratifs de cette université étaient sommés de vider les lieux. Ces derniers, qui occupaient pour la plupart les caves des homes, comme résidences, ne savaient pas à quel saint se vouer. Certains d'entre eux, assis sous les arbres du home 30, espéraient à une mesure de grâce des autorités.

Il faut signaler que certaines chambres des homes ont été vandalisées par leurs occupants avant de partir : vitres et portes ont été détruites. D'autres ont tenté même d'y mettre un feu qui n'a pas pu évoluer.A titre de rappel, le tout a commencé le lundi 6 janvier 2020. Un groupe d'étudiants s'est attaqué aux édifices de l'Université de Kinshasa pour protester contre les frais académiques fixés en francs congolais par les autorités académiques et avalisés par l'autorité de tutelle.

Vu l'ampleur des dégâts, la police nationale, dans sa mission de protéger personnes et biens, a eu à investir le site. Ce mouvement qui à l'origine avait pour objectif la revendication de la baisse des frais académiques, s'est transformée en «rébellion» contre l'autorité établie. Pour limiter les dégâts et protéger le site universitaire infiltré par des personnes non identifiées, le gouvernement a levé l'option de suspendre toutes les activités sur le campus universitaire et de procéder au déguerpissement de tous les étudiants.Une fois cette opération bouclée, il sera question de ne reloger que ceux qui sont réellement en règle avec l'Université et mettre hors d'état de nuire les fauteurs des troubles, non reconnus qui n'ont comme mission que de créer le chaos.

Cette décision prise par les autorités est très salutaire pour l'avenir de l'Université et la sécurité des étudiants qui doivent savoir avec qui ils passent tout le temps au sein de l'université. Déjà, il est important de relever qu'au sein de ces homes, n'ont le droit d'être logés que les étudiants pré-finalistes et finalistes. Mais sur le terrain, l'on trouve ceux des classes de recrutement, d'anciens étudiants qui, par manque des moyens de se procurer une maison après les études, s'arrangent avec les autorités administratives pour avoir un espace dans les caves. Là, ils vivent avec femmes et enfants. A ceux-ci s'ajoutent certains assistants et chefs des travaux ainsi que certaines familles des gardes universitaires. Au moment de la réinsertion, après identification de chaque étudiant, les autorités non seulement académiques mais aussi politiques doivent tout faire pour que les clandestins, ne reviennent pas. Yves Kadima

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