Congo-Kinshasa: Thisekedi épinglé sur sa gestion des finances publiques

10 Janvier 2020

L'Observatoire de la dépense publique a publié un rapport critique sur le manque de transparence des finances publiques en RDC. Selon l'ONG, les promesses d'assainissement du président Tshisekedi n'ont pas été tenues.

En dépit des efforts consentis par le nouveau pouvoir, l'Observatoire de la dépense publique a noté sept facteurs inquiétants dans la gestion des finances publiques. Le rapport cite notamment la prépondérance des marchés de gré à gré, la surfacturation des projets financés ou encore la faible exécution des projets.

Manque de transparence

Le rapport critique par ailleurs la dépense des ressources budgétaires par l'Etat qui a pour conséquence le moindre financement des projets de développement. "Durant la période de janvier à septembre 2019, les services qui sont chargés de mobiliser les recettes publiques ont apporté au trésor public environ trois milliards de dollars américain" explique Valery Madianga, chargé de communication de l'Observatoire de la dépense Publique. "Et de ce fonds, 40% environ ont été utilisés par les institutions, les ministères, y compris la présidence de la République, qui, pendant la période, a même épuisé son budget annuel. Et il y a eu un problème clair sur les investissement, sur le financement du programme même des 100 jours."

L'Observatoire de la dépense publique a aussi relevé la violation du circuit légal des dépenses de l'Etat et le défaut de suivi et de contrôle des projets lancés par le nouveau président.

Le temps c'est de l'argent

Léonie Kandolo, militante pro-démocratie, trouve le rapport dur avec les autorités. "Je ne suis pas tout à fait d'accord. Peut-être que les choses ne se font pas aussi vite qu'on le souhaitait. Mais les choses se font. Je ne pense pas que tout puisse se faire en six mois, un an. Au-delà de la question, il y a aussi le problème des hommes et des mentalités qui se sont incrustées pendant des années et des années."

Le député de l'UDPS, Peter Kazadi, qui est aussi membre de la commission stratégique qui a piloté le projet du programme des cent jours, reconnait ces manquements. Mais il les justifie par la persistance de l'ancien régime :

"Nous venons de succéder à un régime qui était fondé sur la corruption, la fraude, la tricherie. Et ce sont les mêmes animateurs des différentes institutions financières et politiques qui sont encore en place. Il est difficile de les déboulonner le même jour. Nous sommes en train de travailler pour que l'appareil judiciaire reprenne réellement son pouvoir. C'est avec cet appareil judiciaire qu'on peut faire face à la corruption. Malheureusement, dans ce corps de magistrat, il y a aussi des gens qui sont corrompus. Donc c'est un travail qui demande du temps."

Quant à Nicolas Kazadi, ambassadeur itinérant du président Félix Tshisekedi, il a jugé ce rapport de d'Observatoire de la dépense publique "peu crédible".

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