Burkina Faso: Grossesses non désirées en milieu scolaire

13 Janvier 2020

L'Union des religieux et coutumiers du Burkina pour la Santé et le développement (URCB/SD) parle de grossesses non désirées en milieu scolaire, avec les autorités administratives et locales du Boulkiemdé. Du 10 au 11 janvier 2020, à Koudougou, l'URCB/SD a plaidé pour que celles-ci s'engagent davantage contre le phénomène.

Sur les 13 régions du Burkina, le Centre-Ouest occupe le 5e rang en matière de Grossesses non désirées (GND) à l'école. De 2012 à 2016, 580 élèves sont tombées enceintes en cours d'année scolaire, selon des données à la disposition de l'Union des religieux et coutumiers du Burkina pour la Santé et le développement (URCB/SD).

« Il faut que les autorités locales se joignent à la lutte pour faire baisser les grossesses non désirées et précoces dans les écoles primaires et secondaires de Koudougou », a affirmé le Baloum Naaba de Tampouy, chef de mission de l'URCB/SD, le vendredi 10 janvier 2020.

Pour ce faire, l'URCB a réuni, 48 heures durant, les responsables provinciaux en charge de l'éducation nationale, de l'action sociale, les encadreurs, les associations de parents d'élèves, les élus locaux, les officiers de police judiciaire, les religieux et coutumiers du Boulkiemdé. Le Baloum Naaba de Tampouy a dit être venu solliciter l'adhésion des autorités locales à la lutte contre les GND en milieu scolaire.

A l'occasion, il leur a été présenté les données sur les grossesses en milieu scolaire et rappelé les causes et les conséquences. « C'est un phénomène national, mais dans certaines régions comme le Centre-Ouest, la situation est alarmante. Il prend de l'ampleur.

Nous souhaitons que ces leaders s'engagent à agir, à mener des activités de sensibilisation, à poser des actions concrètes là où il le faut pour diminuer les GND. Cela a de nombreuses conséquences sur les filles », a soutenu le chef coutumier.

Le préfet de Koudougou, Sombéniwendé Nikiéma, a salué l'initiative de l'URCB. Pour lui, celle-là vient en complément des actions de sensibilisation déjà menées par l'Etat sur le terrain.

En outre, il a indiqué qu'il existe un arsenal juridique pour réprimer les auteurs de GND en milieu scolaire. Il s'agit notamment du nouveau Code pénal du Burkina (voté en 2018).

En son article 533-14, il punit d'une peine d'emprisonnement de 5 à 10 ans et d'une amende de 900 000 à 5 000 000 FCFA, tout personnel de l'enseignement ou de tout système éducatif, ayant une relation sexuelle avec un élève, apprenti ou stagiaire mineur de l'un ou de l'autre sexe.

Endiguer la propagation des GND

« S'il résulte de cette relation sexuelle, la grossesse, la peine d'emprisonnement est de 7 à 10 ans et l'amende de 3 000 000 à 6 000 000 FCFA», précise la disposition légale. La juridiction peut aussi prononcer une interdiction d'exercer la profession d'enseignant pour au moins 5 ans. Malgré la répression, le phénomène gagne du terrain.

Le Baloum Naaba de Tampouy, a relevé les difficultés d'application de la loi, parce que les parents préfèrent résoudre ce genre de situation à l'amiable, au grand dam des victimes.

Pour venir à bout des GND dans le milieu éducatif, le leader coutumier exhorte à intensifier les activités de sensibilisation à l'endroit des jeunes (filles et garçons), promouvoir l'éducation sexuelle des adolescents, déjà au primaire, dans les classes de Cours moyen (CM), former les enseignants, encourager le dialogue parents-enfants sur les questions de sexualité et sanctionner les adultes, auteurs des grossesses des mineures.

La rencontre de Koudougou entre dans le cadre de la mise en œuvre du projetFaith FamilyPlanning.

Il vise à interpeller les autorités politiques, religieuses et coutumières sur la nécessité de trouver des moyens efficaces pour endiguer la propagation des grossesses non désirées et précoces en milieu scolaire.

Pour ce faire, il entend contribuer à l'obtention d'un arrêté portant accès des adolescents et jeunes aux informations sur la santé de la reproduction dans les écoles d'ici à mars 2020, plaider auprès de l'Assemblée nationale pour renforcer les sanctions auprès des éducateurs et les élargir à d'autres personnes, auteures de grossesses des adolescents et jeunes.

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