Guinée: Repression de manif - Petit à petit, Condé dresse le bûcher contre son pays

Marche du FNDC : risque d'accrochage entre manifestants forces de l'ordre
13 Janvier 2020

Comme promis, l'opposition guinéenne a bravé, hier, 13 janvier 2020, l'interdiction de marcher en battant le macadam à Conakry. Une bravade que le pouvoir d'Alpha Condé a jugée inacceptable et l'a, par conséquent, réprimée dans le sang. Selon le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), au moins un manifestant a été tué et d'autres blessés.

C'est dire si l'appel à la neutralité de l'armée qu'avait lancé cette plateforme, n'a pas été entendu. Et c'est bien dommage pour la Guinée qui s'approche de plus en plus du gouffre.

Il ne fait aucun doute que le pays de Sékou Touré est en train de tanguer à cause du président Alpha Condé qui, contre vents et marées, tient à rester au pouvoir.

En bandant les muscles contre les manifestants, l'opposant historique devenu président, montre toute sa volonté de réaliser son projet ; celui de se tailler une nouvelle Constitution qui lui ouvrira la voie à un troisième mandat.

Et ce, en dépit des voix et pas des moindres, qui s'élèvent de plus en plus pour attirer son attention sur le risque qu'il fait courir à son pays. Mais l'homme continue de jouer à l'autruche puisqu'il refuse de voir la réalité.

On a le sentiment que depuis que l'opposition a officialisé son refus de prendre part aux élections législatives du 16 février prochain, le régime Condé s'est radicalisé. En tout cas, on sent une forme de frilosité de sa part.

Toujours est-il que c'est une mauvaise publicité pour le camp présidentiel qui, pourtant, semblait avoir pris la pleine mesure du péril. Cela dit, faut-il craindre de nouvelles violences en Guinée dans les prochains jours ?

Tout porte malheureusement à le croire. Car, faut-il le rappeler, l'opposition a promis de tout mettre en œuvre pour empêcher la tenue des législatives. Or, Condé y tient mordicus. C'est dire s'il y a un duel en perspective entre la majorité et l'opposition politique.

Condé gagnerait à changer son fusil d'épaule

Et quand on sait que la violence a pignon sur rue dans ce pays, l'on peut dire que la Guinée continue de se trémousser sur un volcan. Bien dommage que malgré ses 81 ans révolus, le natif de Boké ne fasse pas preuve de sagesse.

Condé a-t-il la mémoire courte au point d'oublier que n'eût été le sacrifie de ceux qu'il violente aujourd'hui, il ne serait pas en vie a fortiori au pouvoir? C'est à croire que la boulimie du pouvoir lui a fait perdre la tête au point de dresser le bûcher contre son pays. Mais sait-il seulement qu'il risque lui-même de se brûler les ailes ?

En tout cas, l'octogénaire obstiné joue avec le feu car, tout laisse croire que le peuple guinéen qui est vent debout contre son projet de troisième mandat, n'est pas prêt à courber l'échine ; en témoigne la mobilisation d'hier.

Condé gagnerait à changer son fusil d'épaule. Il est encore temps d'emprunter la voie de la sagesse même si jusque-là, il en est totalement dépourvu manifestement. Et plus tôt il le fera, mieux cela vaudra.

Car, l'histoire nous enseigne qu'aucun homme, aussi puissant fut-il, n'est jamais venu à bout d'un peuple déterminé. Même les marches et autres contremarches que son régime entend utiliser comme arme face au peuple, ne changeront rien.

Des présidents qui se croyaient inamovibles, ont été chassés du pouvoir. Ce fut le cas de Blaise Compaoré, Ben Ali, Hosni Moubarak, pour ne citer que ceux-là. Condé, tà, ni ou tê, ou bè naa è kwè*.

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