Angola: Le procès "500 millions" - Archer Mangueira doute de l'autorisation du transfère

Luanda — L'ex-ministre angolais des Finances a déclaré mardi devant la Chambre criminelle de la Cour suprême de justice qu'il doutait que l'ancien président de la République, José Eduardo dos Santos, eût autorisé le transfère des 500 millions de dollars vers la Banque de crédit Suisse à Londres.

Interrogé par le tribunal, Archer Mangueira a souligné, en qualité de déclarant, que les autorisations de change autorisées par l'ex-président de la République étaient faites moyennant publication d'une loi, à travers des Décrets présidentiels, et que concernant le procès dit « 500 millions de dollars », il ne se souvenait pas avoir reçu une autorisation dans ce sens.

Mangueira a affirmé que l'ancien chef de l'Etat lui avait demandé de contacter un syndicat de banques qui comptait créer le fonds d'investissement en question.

Selon le déclarant, après la première réunion exploratoire tenue à Lisbonne (Portugal), à laquelle il avait, lui, Mangueira, conduit une délégation composée de l'ex-gouverneur de la Banque Nationale d'Angola (BNA) , Valter Filipe, et l'ex-président du Conseil d'administration du Fonds souverain d'Angola, José Filomeno dos Santos dit « Zenu » (impliqué dans ce procès), un Mémorandum d'entente a été élaboré, lequel pourtant n'a jamais été signé par les parties concernées.

Ensuite, a-t-il renchéri, l'ex-chef du gouvernement a demandé de créer une commission composée de techniciens du ministère des Finances, de la BNA et des avocats qualifiés, afin de poursuivre les contacts pour un éventuel accord.

Archer Mangueira a dit qu'au départ, l'opération, qui avait comme objectif la création d'un fonds stratégique d'investissement pour des projets structurants requérait dès lors de la crédibilité.

Selon lui, les objectifs présentés par la partie syndicale des banques suscitaient beaucoup de doute, mettant en risque la crédibilité internationale du pays (Angola) relativement à la gestion financière.

D'après Mangueira, s'il était, lui, gouverneur de la BNA, « ce transfert d'argent n'aurait jamais été effectué, car il n'avait pas obéi aux normes internationales établies à cet effet ».

Il a souligné que les parties concernées étaient les entreprises « Dormantes », lesquelles d'ailleurs n'ont aucune structure physique, ni un registre financier à la bourse de valeurs.

« Après l'investiture de l'actuel gouvernement, cette question a été analysée en profondeur, et l'on a décidé de suspendre l'opération et de récupérer le fonds, lequel d'ailleurs était déjà transféré à l'extérieur du pays », a-t-il expliqué.

Rappelons que Filomeno dos Santos dit « Zenu », Valter Filipe et deux autres citoyens sont impliqués dans ce procès.

Ils sont accusés de blanchiment d'argent, de fraude et de transfert illégal des 500 millions de USD sur un compte logé à la Banque crédit suisse à Londres.

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