Madagascar: Filière lait - De l'or blanc de qualité produit à Soavina Atsimondrano

La filière lait est vraiment juteuse. Le micro-entrepreneur rural, en la personne de Razafindrainibe Mbolatiana Lucien, installé dans le fokontany d'Ambihivy, dans la commune rurale de Soavina Atsimondrano, en témoigne.

« Je me suis lancé dans cette activité depuis 12 ans alors que j'ai fait une étude en électromécanique. Je pense que c'est ma vocation d'autant plus que mes parents sont des exploitants agricoles. Au début, je n'avais qu'une vache laitière de race pie rouge. Maintenant, je dispose d'une vingtaine de têtes dont sept vaches produisent actuellement du lait avec un rendement total de 140 litres par jour. Pour réussir, je mise notamment sur le respect de la qualité du produit depuis la ferme d'élevage jusqu'aux points de vente. La traçabilité du lait est ainsi assurée, et ce, au bénéfice des consommateurs finaux ou aux transformateurs », a-t-il expliqué.

Cet éleveur se professionnalise grâce aux appuis de Malagasy Dairy Board via la mise en œuvre du programme ASA-Lait financé par l'Union Européenne. Une chose dont on est sûr, il y a de l'or blanc produit à Soavina Atsimondrano. « Une production de 800 litres de lait par jour y est écoulée vers le marché par le biais de nos points de vente. En effet, nous collectons également du lait auprès d'une dizaine d'éleveurs fournisseurs résidant dans la commune », a-t-il poursuivi. A part cela, 25 emplois ont été créés.

Taux de réussite de 20%. Il faut savoir que ce micro-entrepreneur rural assure la meilleure conduite d'élevage en construisant des étables en dur respectant les normes et l'hygiène pour son cheptel. « Nous cultivons en même temps des plantes fourragères destinées à l'alimentation animale. Les vaches en consomment 4 à 5kg par jour. Dans la même foulée, nous fabriquons nous-mêmes des provendes en broyant du maïs, de l'arachide et de manioc, sans compter les foins et les sons de riz. Notre cheptel a besoin de 6kg de provendes par jour, sous forme de compléments alimentaires.

Nous disposons également d'une machine d'ensilage pour traiter les tiges de maïs, entre autres. Une vache peut produire jusqu'à 40 litres par jour si son alimentation est bien équilibrée », a-t-il enchaîné. En outre, celui-ci engage un vétérinaire pour assurer le suivi sanitaire systématique de ses vaches laitières. « Seule l'insémination artificielle s'avère un peu onéreuse pour les éleveurs. En effet, une opération coûte environ 100 000 ariary alors que le taux de réussite n'est que de 20% », d'après toujours les explications de Razafindrainibe Mbolatiana. Son ambition pour cette année est de réaliser une extension de sa ferme.

Analyses en laboratoire. Parlant de l'écoulement de sa production, ce micro-entrepreneur rural avance que l'offre n'arrive pas à satisfaire la demande. En revanche, « nous assurons le maintien de la chaîne de froid depuis la ferme ou les points de collecte jusqu'aux consommateurs finaux, grâce à l'acquisition des tanks à lait installés dans ses points de vente. Parmi lesquels, un point de vente sera bientôt ouvert aux pavillons 669 et 670 à Analakely, pour un meilleur service de proximité. Mais avant tout cela, nous procédons d'abord aux analyses en laboratoire de la production pour garantir la qualité de cet or blanc.

Cinq tests sont ainsi menés. On peut citer, entre autres, les tests de coagulation, d'acidité et de densité du lait. Le test CMT (California Mastitis Test) vise à détecter les infections affectant les vaches comme les mammites, la bilharziose et les parasites. Si ces tests ne sont pas concluants, nous refusons catégoriquement le lait collecté auprès des fournisseurs. Notre objectif est d'assurer la sécurité sanitaire des consommateurs et de fournir du lait de qualité pour les transformateurs. Nous pouvons également aider les paysans à rectifier leurs tirs en matière de conduite d'élevage en tenant compte des résultats de ces tests », a conclu ce micro-entrepreneur rural.

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