Congo-Kinshasa: Remise en question

«Dressons nos fronts, longtemps courbés. Et pour de bon prenons le plus bel élan. Dans la paix. Ô peuple ardent. Par le labeur. Nous bâtirons un pays plus beau qu'avant. Dans la paix... ». Ces couplets pathétiques extraits de l'hymne national, le Débout Congolais, devraient retentir, en chacun, comme un véritable projet de société. Soixante ans après l'accession du Congo à la souveraineté nationale et internationale, qu'avons-nous fait du legs de nos aïeux ?

Tout le monde, à commencer par la classe politique, devrait procéder à un examen minutieux de conscience et s'inspirer du combat des aïeux. L'occasion en est offerte au cours de la seconde moitié de cette semaine qui sera consacrée aux hommages aux deux Héros nationaux, Patrice Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila. Le premier s'était battu pour l'accession du Congo à l'Indépendance. Lui et ses compagnons, Joseph Okito et Maurice Mpolo, furent lâchement assassinés un certain 17 janvier 1961. Leur noble combat pour le destin du Congo ne devrait nullement être jeté aux oubliettes.

Le second s'était, quant à lui, battu contre la dictature enracinée dans le Zaïre de Mobutu. A l'instar de son modèle Lumumba, il fut aussi brutalement arraché aux siens un certain 16 janvier 2001. «Ne jamais trahir le Congo ! », demeurera son cri de cœur destiné à la postérité.

Ces deux personnages historiques, Patrice Lumumba et Mzee Kabila, méritent des hommages dignes de ce nom en raison de leur combat pour la liberté. Car, plusieurs années après, l'ombre du nationalisme hante encore le peuple congolais.

Aussi, la classe politique actuelle est-elle appelée à parachever les rêves croisés des aïeux, à remettre les Congolais au travail, à éduquer les Congolais, à faire soigner les Congolais. Et, en tout temps, se demander comment réaliser le développement intégral.

Dommage que la majeure partie d'acteurs politiques ne se préoccupent que de leurs intérêts partisans et égoïstes au lieu d'honorer les aïeux, de réaliser les idéaux pour lesquels ceux-ci avaient été assassinés. Comment se libérer définitivement du joug du néocolonialisme ? Ceci devrait être la question lancinante pour tout politicien.

Les deux jours fériés successifs, le 16 et le 17 janvier, ne doivent pas simplement être consacrés à l'audition des beaux discours, mais plutôt à une remise en question sans complaisance en vue de passer à l'action. N'est-ce pas que le Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, a décrété cette année 2020, Année de l'Action ?

Il est temps de passer aux choses sérieuses pour bâtir un pays plus beau qu'avant, dans la paix sur toute l'étendue du territoire congolais. Histoire de rendre hommage, d'honorer les aïeux qui ont payé de leurs vies pour que nous soyons là aujourd'hui.

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