Congo-Kinshasa: Bras de fer Lamuka - Hôtel de Ville de Kinshasa - Malgré l'interdiction, Fayulu martèle qu'il y aura bel et bien marche ce 17 janvier

«Que Gentiny Ngobila aille travailler au lieu de s'occuper de la commémoration. Qu'il s'occupe d'abord de la propreté de la ville et de l'opération Kin-Bopeto qui souffre de l'exécution dans la plupart des communes. Il a lancé le Salongo ici, la ville est extrêmement sale [... ] le 17 janvier, nous allons marcher, quoiqu'il arrive».

C'est en ces termes virulents que Martin Fayulu Madidi, figure de proue de la coalition Lamuka, a rétorqué au Gouverneur de la Ville-Province de Kinshasa, Gentiny Ngobila, concernant la non-autorisation de la marche annoncée par cette aile dure de l'opposition pour ce jour commémorant le Héros national, Patrice Lumumba. Que dit alors la Constitution en ce genre de circonstance ? Voici ce qu'elle dispose en son article 26 : «La liberté de manifestation est garantie. Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d'informer par écrit l'autorité administrative compétente. Nul ne peut être contraint à prendre part à une manifestation. La loi en fixe les mesures d'application. »

Pourtant, au regard de la correspondance adressée à l'autorité urbaine en date du 10 janvier 2020, les cadres de cette plateforme politique semblent s'être bien conformés à cette obligation constitutionnelle. «Monsieur le Gouverneur, Conformément à l'article 26 de la Constitution, nous vous informons qu'à la suite de l'appel lancé le 30 décembre par le Président Martin Fayulu, nous organisons, avec d'autres structures politiques et mouvements de la société civile, une marche pacifique de deuil et d'indignation le vendredi 17 janvier 2020, pour témoigner de notre solidarité à l'égard de nos compatriotes de Beni et protester contre la menace de balkanisation qui pèse sur notre pays... ». C'est l'extrait tiré de la missive signée par Steve Kivwata, Secrétaire Général de Nouvel Elan.

Ce vendredi, les autorités compétentes vont, sans nul doute, déployer un nombre impression d'éléments de la Police, voire de l'Armée le long du Boulevard Lumumba que devront emprunter les manifestants, selon le programme établi. Partir de la place Pascal dans la commune de Masina, dès 8 heures du matin, le tandem Fayulu - Muzito et leurs partisans ont choisi comme point de chute l'Echangeur de Limete où une cérémonie officielle est également prévue. Le Gouverneur Ngobila redoute-t-il ce chevauchement ? Côté Lamuka, l'on annonce que les dispositions sont prises pour atteindre ce lieu, point de chute, en milieu d'après-midi quand tous les officiels auront déjà quitté l'Echangeur de Limete.

Maints observateurs pensent que ce refus de l'autorité urbaine ne fait que vivifier l'opposition. Et que ce bras de fer risque de déboucher éventuellement sur des rixes, violentes émeutes, morts d'hommes inutiles. Ngobila n'est-il pas tombé dans le piège tendu par Lamuka ? Mieux vaut laisser Lamuka marcher pacifiquement, sans heurts, avec un bon encadrement des Forces de l'ordre. Avec pareille interdiction, il y aura inévitablement affrontement entre éléments de la police et manifestants portant chacun un bandeau blanc autour de la tête. Comme aime bien le dire Martin Fayulu, «c'est le régime répressif de Kabila qui continue, Tshisekedi ne servant que de masque. »

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