Congo-Kinshasa: Les familles des militaires et policiers manifestent haut et fort

En RDC, les inégalités de traitement dont souffrent les militaires et policiers, qui ne sont pas autorisés à se constituer en mouvement syndical, sont désormais portées haut par leurs femmes et enfants. Ils ont manifesté ce mardi devant le palais présidentiel pour exiger l'amélioration des conditions sociales des militaires et de leurs familles.

« Nous sommes les enfants des militaires et des policiers ! Nous en avons marre de la souffrance ! » Sans pancartes ni banderoles, les protestataires se sont rassemblés devant la cité de l'Union africaine. Des manifestants qui disent faire l'objet de menaces de la part de l'état-major général qui les accuse d'être manipulés pour « salir » l'image de l'armée.

À la tête du mouvement de contestation, Christella Kiakuba, âgée d'une vingtaine d'années : « Les veuves touchent 30 000 francs congolais. Nos parents, les policiers les moins gradés, ont 120 000 francs, moins de 80 dollars. Les militaires ont 120 000 francs. Les militaires les plus gradés ont 220 000 francs, 120 dollars. Alors qu'un professeur d'université a 2 000 dollars, un député a 7 000 dollars ! C'est quoi ça ? », lance t-elle.

Le mouvement Mwana Mapinga Telema (lève-toi enfant du soldat) qui réunit les enfants des militaires, porte la voix de leurs parents, qui n'ont pas le droit de manifester. « Nous avons grandi, on a compris nos droits. Aujourd'hui, nous voulons réclamer pour demander au gouvernement d'améliorer la situation salariale », nous explique un jeune homme.

Parmi les manifestants, cette veuve ajoute : « Que ferons-nous avec 30 000 francs par mois ? Et pourtant nos maris ont perdu leurs vies au front dans l'est du pays. Ils ont sacrifié leurs vies pour la gloire des politiciens qui nous ignore aujourd'hui, il faut qu'on touche les mêmes sommes que touchaient nos maris. »

Après quelques heures sous le soleil, apparaît soudain le président Félix Tshisekedi qui descend de son véhicule. Il donne rendez-vous le lendemain aux contestataires.

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Plus de: RFI

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