Congo-Brazzaville: Juvhel Tsoumou - "Mamadu Candé a sorti ma langue pour éviter que je m'étouffe"

interview

Gravement blessé avec la sélection congolaise en novembre dernier, Juvhel Tsoumou est rétabli et prêt à rejouer au football, comme il l'a confié aux Dépêches de Brazzaville dans cet entretien. Libre de tout contrat, l'attaquant de 29 ans vise désormais un objectif : jouer la CAN 2021 avec le Congo.

Juvhel, pour débuter cette interview, une question simple mais capitale : comment vas-tu ?

Oui, grâce à Dieu, je suis en très bonne santé désormais.

On a tous le souvenir de ce choc avec le gardien de la Guinée Bissau, le 17 novembre, à Massamba-Débat. Qu'en retiens-tu ?

'était un accident, car le gardien sort à ma rencontre, sans intention de me faire mal. Mais le choc a été fort. Je me souviens que plusieurs joueurs, des deux équipes, sont venus m'aider jusqu'à l'intervention des secouristes.

Avant de débuter l'entretien, tu m'expliquais que le capitaine bissau-guinéen avait eu une attitude exemplaire...

Oui, Mamadu Candé m'a probablement sauvé la vie: juste après le choc, il a sorti ma langue pour empêcher que je m'étouffe. Je lui en suis éternellement reconnaissant. On se connaît depuis Chypre: il évoluait à l'Omonia Nicosie lorsque je jouais à l'Ermis Aradippou (ndlr: saison 2017-2018)

Quel était le diagnostique exact de ta blessure ?

C'était un traumatisme crânien, mais heureusement, mon cerveau n'a pas été touché. Après les premiers soins à Brazzaville, je suis rentré en Roumanie, accompagné par un neurochirurgien du CHU, le Pr Léon Boukassa. Je veux insister sur la qualité des soins que j'ai reçus à chaque instant. Jusqu'à ces derniers jours, je reçois encore des appels de la Fédération, du ministère des sports et du corps médical pour prendre de mes nouvelles.

Et le sélectionneur Valdo ?

Il a été à mes côtés jusqu'à mon départ en Roumanie. Après le match, il m'a veillé toute la nuit à l'hôpital.

Aujourd'hui, parviens-tu à penser au football à 100% ?

Oui, totalement. Je n'ai aucune séquelle, mais cet événement m'a appris beaucoup de choses. Je vis ça comme une deuxième chance, humainement et sportivement. Je veux vivre pleinement chaque instant.

Tu as repris l'entraînement depuis deux semaines (ndlr : l'interview a été réalisée le 30 décembre). As-tu de l'appréhension ? Portes-tu une protection ?

Etrangement, je n'ai éprouvé aucune crainte, aucune appréhension. J'ai porté un masque la première semaine, puis je l'ai enlevé, naturellement.

Ta carrière va donc continuer, mais pas au Steaua Bucarest, puisque ton contrat vient d'être résilié.

Oui, nous avons décidé de nous séparer d'un commun accord. Une décision qui n'est pas liée à mon accident.

D'après la presse roumaine, le sulfureux propriétaire du club, Gigi Becali, avait dressé une liste noire de quatorze joueurs, dont toi...

Je crois que sa réputation n'est plus à faire et que toute la Roumanie connaît les problèmes que rencontre le Steaua. Moi, j'avais du caractère donc, malgré tout le respect que j'ai pour lui, à un moment, j'ai trouvé que ça allait trop loin. Je ne veux pas en rajouter, donc aujourd'hui, chacun trace sa route. Je veux me concentrer sur l'avenir.

Quelles sont les options pour toi désormais ?

J'ai des pistes en Roumanie, dont Hermannstadt qui voudrait que je revienne. Mais, même s'il ne faut jurer de rien, je crois que j'ai fait mon temps en Roumanie. Il faut que je tourne la page et que j'aille vivre autre chose.

Des pistes scandinaves ont été évoquées...

Oui. Mon manager s'en occupe. Il sait que j'ai faim de football, que je veux être compétitif en club pour aider le Congo à se qualifier pour la CAN 2021. C'est mon objectif majeur aujourd'hui : être au Cameroun avec les Diables rouges en 2021.

Veux-tu ajouter un mot pour finir cette interview ?

A nouveau, je veux vraiment remercier la Fédération qui ne m'a jamais laissé tomber et qui continue de prendre de mes nouvelles, le corps médical, le sélectionneur le staff qui m'ont assisté pendant toute cette période. Les fans aussi qui m'ont soutenu depuis le stade jusqu'à aujourd'hui. Une mention spéciale à Roga-Roga qui est venu me voir à l'hôpital et m'appelle régulièrement pour prendre des nouvelles. Durant cette période difficile, je ne me suis jamais senti seul et je ne l'oublierai jamais.

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