Cameroun: Une session historique

Exit donc la session extraordinaire du Parlement pour l'examen du projet de loi portant Code général des collectivités territoriales décentralisées.

Les regards sont désormais tournés vers le président de la République pour la promulgation de ce texte qui, non seulement viendra révolutionner le paysage de la décentralisation au Cameroun, mais également marque un tournant dans la mise en œuvre des résolutions du Grand dialogue national tenu du 30 septembre au 4 octobre 2019, comme s'y était du reste engagé le président Paul Biya à l'issue de ces travaux qui se sont tenus à son initiative. On en sait davantage sur le statut spécial qui est accordé aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en raison de leurs spécificités linguistiques et historiques.

Car, en plus de tout ce qui revient à toutes les régions du pays, ces deux régions ont d'autres avantages du fait de ce statut. Tant en ce qui concerne les organes chargés de la libre administration de celles-ci que de la prise en compte des revendications des populations qui seront désormais portées par le Public Independent Conciliator (médiateur public indépendant) qui, de par la loi, dispose d'un pouvoir de recommandation en vue de garantir le respect des droits et libertés des personnes lésées.

Bien plus, à cette personnalité, aucun secret professionnel n'est opposable dans l'exercice de ses fonctions. La création de ces structures et personnalité (Assemblée régionale, Conseil exécutif régional et Public Independent Conciliator), qui, pour la plupart vont fonctionner selon le modèle anglo-saxon, viennent traduire la volonté des pouvoirs publics de permettre aux populations locales d'être mieux impliquées dans la gestion de leurs affaires.

Un engagement des pouvoirs publics qui vient également se manifester par leur volonté de voir l'ensemble des populations camerounaises être mieux impliquées dans l'administration des affaires à la base à travers l'accélération que va connaître le processus de décentralisation. Il ne saurait du reste en être autrement, puisque le président de la République s'y est personnellement engagé, tant dans le discours qu'il a prononcé à l'occasion de son investiture le 6 novembre 2018 que dans son message de fin d'année à ses compatriotes le 31 décembre de la même année.

Les acteurs du processus eux-mêmes s'emploient à le reconnaître : le gouvernement est allé au-delà de leurs espérances : proposition d'un statut de l'élu local tant réclamé ; projet de mise en place d'une fonction publique locale ; suppression du poste de délégué du gouvernement ; accroissement des ressources pour les collectivités territoriales décentralisées ; une administration moins pesante sur le fonctionnement des collectivités territoriales décentralisées...

Le Cameroun, à travers le projet de loi portant Code général des collectivités territoriales décentralisées, vient inexorablement de marquer un grand bond dans le cadre du processus de décentralisation qui est implémenté depuis janvier 2010. Il ne reste plus aux acteurs qu'à être à la hauteur des espoirs placés en eux par le président de la République et l'ensemble des populations camerounaises pour que nos cités soient plus que jamais des endroits où il fait bon vivre.

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