Cameroun: CAN 2021, rumeur, frayeur, déshonneur

15 Janvier 2020

Dans l'attente de savoir s'ils l'organisent ou pas, les camerounais ont sombré dans le désarroi. Trahis qu'ils se sentent par leurs gouvernants.

Alors que rien de décisif ne filtre des entrevues de deux jours entre la délégation de la Confédération africaine de football conduite par son président Ahmed Ahmad et le ministère camerounais des sports qu'entoure le comité d'organisation local de la coupe d'Afrique des nations édition 2021, relativement à la tenue effective de cette compétition majeure du football continental, voilà qu'une désobligeante rumeur depuis l'arrivée de la délégation, se répand de proche en proche au coeur du pays supposé organiser tout seul, ledit événement depuis belle lurette.

Celle maintenant de l'hypothèse d'une probable et déshonnorante co-organisation avec un voisin proche, histoire de rattraper les manquements plus que criards et visibles sur le terrain d'un attributaire de longue date et sauver du même coup en partie, l'honneur malmené d'un Cameroun pris à défaut d'impréparation par deux fois, et toujours incapable de relever ou tenir le défi de ses propres prétentions.

Insidieusement répandue dans l'opinion publique, cette rumeur qui naît probablement du sentiment unanime éprouvé par les camerounais eux-mêmes de la désinvolture et des irresponsabilités mises dans la conduite des travaux des infrastructures et peut-être aussi du cérémonial peu rassurant mais trop inquiétant orchestré autour de la dévolution proprement dite de l'événement, traduit plus que la fébrilité de tout un peuple qui se sent trahi mais bien plus, la honte à assumer aux yeux du monde ses propres turpitudes et à se prévaloir d'une quelconque fierté qu'on voit plus que jamais piétinée pour des lustres. Ah la belle histoire du "nous serons prêts le jour dit".

Désavoué une première fois en 2018 pour incapacité à honorer des engagements pris, puis extraordinairement remis en pôle position dans les starting-blocks pour l'édition suivante de 2021 au mépris des usages, de la pratique et même de la loi, le Cameroun n'a pas su jusqu'à ce jour honorer la mansuétude de deux années de sursis qu'a bien voulu lui concéder la confédération.

Et du coup, c'est le peuple qui redoute de trinquer. De se voir arracher un rêve longtemps caressé. Ici et là, cette hypothèse de co-organisation passe mal.

Même pour ceux qui voudraient s'en contenter comme d'un pis-aller, c'est ni plus, ni moins qu'une infamie pour un cador du football continental, une insulte aux potentialités d'un pays si riche.

Évidemment, on rumine des colères insensées et se dit comme ça doit être terrible de vivre ces sombres pages de notre histoire!

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