Sénégal: Démarrage du Dialogue national - Famara Ibrahima Sagna invite les acteurs à transcender les clivages

15 Janvier 2020

Le Président du Comité de pilotage du Dialogue national, Famara Ibrahima Sagna, a su tempérer des esprits hier lors de leur première réunion. Cette rencontre, qui portait sur la mise en place d'un calendrier de travail, la constitution effective des commissions, l'adoption du règlement intérieur et une définition d'un agenda, a donné un aperçu de l'ampleur de la tâche qui l'attend.

Après l'installation officielle du Comité de pilotage du Dialogue national, le 26 décembre dernier, le Sénégal a franchi, hier, un nouveau cap avec les premières concertations des 126 membres qui composent cette instance, au lieu des 86 initialement retenus.

Lors de la première réunion ayant servi de cadre pour travailler sur un chronogramme d'actions, le Président du Comité de pilotage du Dialogue national, Famara Ibrahima Sagna, a exhorté les forces vives de la Nation qui participent à ce cadre de réflexion à la discipline et à la sérénité en vue d'aboutir à des consensus majeurs visant les intérêts exclusifs du peuple sénégalais.

Pour lui, si les défis sont multiples, les acteurs doivent tout aussi prendre conscience de leur volume de travail.

D'ailleurs, passés les moments d'incertitudes qui ont précédé l'installation officielle du Comité, il est temps, a-t-il dit, de transcender les clivages et de s'investir pour « un travail qui va demeurer, pour longtemps, le fondement solide de notre système étatique sous tous ses aspects ».

M. Sagna d'ajouter, « Ce travail, nous devons le mener, à chaque étape, avec rigueur, compréhension réciproque, esprit de sacrifice et un sens élevé du bien commun ».

En appelant à « un sens élevé du devoir », il a mis l'accent sur l'importance du facteur temps, demandant ainsi à ses collaborateurs de tenir compte de la marge temporelle qui leur est assignée.

« Cela nous confère une lourde responsabilité que l'histoire enregistrera et retiendra pour les générations futures », a soutenu le Président du Comité de pilotage.

Cette rencontre qui a permis d'engager la réflexion sur la mise en place d'un calendrier de travail rationnel, la constitution effective de commissions de travail du Comité national et l'adoption d'un règlement intérieur avec la discipline requise, selon les mots du Président de Famara Ibrahima Sagna, a permis d'aborder quelques questions d'actualité politique.

Dans ce sillage, il a jugé utile de mettre la lumière sur une certaine campagne de désinformation. Pour répondre à certains qui avancent que le coût du Dialogue national est de 10 millions de FCfa par jour, il a précisé que « le budget n'est pas encore mis en place ».

Le Président Sagna de souligner ceci : « J'ai dit officiellement au Chef de l'État que je travaille bénévolement, que je ne veux pas de primes. Je lui ai proposé de faire des économies en portant notre choix sur des salles où l'on pourra travailler gratuitement ».

«Je n'ai jamais été manipulé et je ne manipule personne»

Le Président du Comité de pilotage du Dialogue national qui a informé, dès l'entame des travaux, du rajout de 40 nouveaux membres a jugé utile de s'appesantir sur le bien-fondé de cette décision.

Ce, suite à des interpellations de la classe politique devant la presse. Il a déclaré avoir suggéré cette idée au Président de la République dans l'optique de corriger un certain déséquilibre et de répondre à des exigences de parité.

Devant une assistance dont une partie a eu du mal à cautionner cette initiative, Famara Ibrahima Sagna a indiqué que la sous-représentativité des femmes au sein dudit Comité constitue une des sources de motivation.

Et, dira-t-il, « pour les 40 personnalités ajoutées à la liste initiale, c'est moi qui suis intervenu auprès du Chef de l'État pour lui proposer une augmentation des commissions et celle du nombre de femmes ». M. Sagna dit avoir, en effet, constaté que 90 % des membres sont des hommes, « comme si les femmes ne sont pas parties prenantes de la vie nationale ».

Le Président de la République, a-t-il renchéri, m'a suivi dans ce souci d'addition de nouvelles compétences.

Ce faisant, « 80 % des nouveaux membres cooptés sont des femmes avec des compétences avérées, un engagement et une probité morale reconnus », a-t-il assuré. Famara Ibrahima Sagna s'est voulu formel quand il a indiqué que cette décision n'est pas guidée par des calculs politiques.

« Je puis vous assurer qu'il n'y a aucune volonté politique derrière ; cela répond à un désir de réparer une erreur. Il n'y a aucune manipulation.

En 42 ans d'expériences professionnelles, je n'ai jamais été manipulé ni cherché à manipuler quelqu'un », a précisé le Président du Comité de pilotage. Il a également fait savoir que s'il y a une erreur, il l'assume.

M. Sagan a insisté sur le fait qu'il n'est « pas quelqu'un à qui on dicte une conduite ». Tout en s'attendant à des débats ouverts et démocratiques, il a encouragé les différents acteurs à émettre des avis qui s'inscrivent en droite ligne des intérêts du peuple, dans l'optique de pouvoir les transformer en éléments de décision.

Des leaders de l'opposition ont tenu à manifester leurs désaccords au Président Famara Ibrahima Sagna suite au recrutement de 40 nouveaux membres au sein du Comité de pilotage. Aussi bien Oumar Sarr que Moctar Sourang et camp des non-alignés, tous ont tenu à dénoncer une démarche unilatérale de ce dernier.

Ils se sont érigés contre le fait qu'il leur ait mis devant le fait accompli. Pour eux, cette approche est contraire à l'esprit du Dialogue national qui doit faire prévaloir l'approche inclusive. In fine, les acteurs politiques ont fini par reconnaitre l'opportunité de mettre en avant les intérêts du peuple sénégalais.

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