Burkina Faso: Enrôlement des Burkinabè de l'extérieur - L'opération connaît des difficultés, selon le CFOP

16 Janvier 2020

Le président du CDP, Eddie Komboïgo et celui du MCR, Carlos Toé, ont regretté que le code électoral n'ait pas encore été révisé pour améliorer le processus électoral en cours. L'opposition politique burkinabè a animé le jeudi 16 janvier 2020 au siège du Chef de file de l'opposition (CFOP), une conférence de presse axée sur les opérations d'enrôlement des Burkinabè de l'extérieur en cours dans les ambassades et consulats.

Les opérations d'enrôlement de la diaspora burkinabè, débutées le 4 janvier 2020, connaissent des difficultés sur le terrain, selon l'opposition politique. Elle l'a fait savoir lors d'une conférence de presse, tenue le jeudi 16 janvier 2020, au siège du Chef de file de l'opposition politique, au Burkina Faso (CFOP/BF). Les échanges avec les hommes de médias ont été animés par le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo et le président national du Mouvement pour le changement et la renaissance (MCR), Carlos Toé.

Selon le représentant du CDP, les difficultés concernent les documents d'enrôlement et les lieux désignés pour abriter les opérations d'inscription sur le fichier électoral. « Il nous revient que la majorité de nos compatriotes ne disposent pas de Carte nationale d'identité burkinabè (CNIB) ni de passeport exigés comme documents par les équipes de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour se faire enrôler », a précisé M. Komboïgo. C'est au regard de cette réalité, a-t-il poursuivi, que l'opposition politique avait demandé l'usage de la carte consulaire biométrique pour l'enrôlement et le vote des Burkinabè de l'étranger. En outre, le code électoral dispose que pour être inscrit sur le fichier électoral à l'extérieur, il faut être préalablement immatriculé à l'ambassade ou au consulat général, foi du président du CDP.De son avis, les missions de la CENI et celles de l'Office national d'identification (ONI) ne devraient pas séjourner au même moment à l'extérieur. « La délivrance simultanée de la CNIB et de la carte d'électeur complique la tâche, dans la mesure où celui qui veut se faire établir une pièce d'identité doit au préalable établir son certificat de nationalité à Ouagadougou au Burkina Faso », a fait observer le principal animateur de la rencontre avec la presse.

Pour illustrer la situation sur le terrain, M. Komboïgo a pris l'exemple de la Côte d'Ivoire : « Sur près de 2 millions 500 mille potentiels électeurs, on dénombre environ 1 million 300 mille personnes immatriculées à l'ambassade et dans les trois consulats. A la date du 15 janvier 2020, soit plus d'une semaine après, le nombre d'enrôlés est de 1600 personnes dans les trois lieux d'enrôlement que sont Abidjan, Soubré et Bouaké ». Selon Carlos Toé, le manque d'engouement pour les opérations d'enrôlement s'explique en partie par la centralisation des lieux de vote.En effet, a-t-il fait savoir, l'article 72 du code électoral dit qu'à l'extérieur du Burkina Faso, les votes ont lieu exclusivement dans les ambassades et les consulats généraux. Le dialogue politique, tenu en juillet 2019, a décidé d'une révision de cette disposition pour, qu'en plus des ambassades et des consulats généraux, le scrutin puisse se tenir « en tout autre lieu en accord avec le pays hôte ».

« Si cette décision avait été mise en œuvre rapidement, elle aurait permis aux opérateurs de la CENI de se rapprocher de nos compatriotes afin d'éviter que ceux-ci se déplacent sur des distances de plusieurs kilomètres pour se faire enrôler », a indiqué le président du MCR. Pensez-vous que l'Etat burkinabè a les moyens humains, financiers et logistiques pour faire participer les Burkinabè de l'extérieur aux élections en 2020 ?Répondant à cette question, Eddie Komboïgo, a laissé entendre que ceux qui gèrent le pouvoir doivent trouver les moyens nécessaires à l'opérationnalisation du scrutin. Concernant l'élargissement de l'Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS), aux primes et indemnités des agents du secteur public, le CFOP a laissé entendre qu'il défendra toujours la cause des travailleurs burkinabè.

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