Madagascar: Portrait - A Madagascar, la guitare est un incontournable de la musique

La guitare est maintenant représentée comme un instrument typiquement malgache. Elle est arrivée pourtant de l'étranger, vers la fin du XIXème siècle. Cet instrument possède une place à part dans la culture musicale malgache. Portrait et histoire d'un outil représentant la meilleure adaptation technique musicale malgache.

D'gary, Rôla Gamana, Razilinah, Lôlô sy ny tariny, Ramboatiana, Damily, Tôtô Mwandjani, Sanda Ranaivosoa, Rabloky, Hajazz... un instrument relie ces illustres artistes : la guitare. Elle peut se décliner en acoustique ou en électrique. Cependant, ces musiciens sont des grands adeptes de la six-cordes, clé de voûte de leur succès et partenaire indélébile sur scène.

La guitare est, à la base, un outil musical dont les origines restent floues. Des spécialistes lui confèrent une genèse espagnole, tandis que d'autres avancent que les premiers instruments étaient fabriqués dans l'Egypte ancienne. Pour Madagascar, ce sont les étrangers, les missionnaires et les aventuriers occidentaux qui ont permis le premier contact avec les musiciens malgaches.

Dans sa tradition musicale, la « valiha » avait déjà sa place dans le quotidien comme étant un appareil noble mais aussi accessible. Des témoignages historiques évoquent des grands joueurs de la cithare tubulaire dans les cours royales mais aussi dans les villages, au ras même du peuple. Avec l'arrivée des étrangers, l'évangélisation et la colonisation, le piano et l'orgue sont entrés dans les salons des maisons bourgeoises de la capitale.

Ces deux instruments sont devenus des marqueurs sociaux, une acculturation qui est allée jusque dans le rapport des Tananariviens avec la musique. Le classique et, plus tard, le jazz font également leur entrée dans les mœurs musicales de la haute société. Le premier piano importé aurait été du temps de Radama II durant son court règne de 1861 à 1863.

Accompagnant l'introduction du piano, la guitare a aussi atteint les usages locaux. Cette fois, c'est le « petit peuple » qui l'adopte facilement. Selon des légendes urbaines, des soldats ou des aventuriers grattant à leurs heures perdues ont démocratisé l'instrument. C'était bien avant la colonisation (1895 - 1960). Des années plus tard, l'adaptation du réglage en « open » des cordes, ou « bà gasy », a gagné l'adhésion unanime des artistes de l'époque.

Le plus connu des guitaristes malgaches est Razilinah, ou Glibert Ranaivo de son Etat civil, un virtuose humaniste grand amateur de nectar des dieux. Son interprétation de l'« Afindrafindrao », un titre séculaire, lui a permis de rester à tout jamais dans la postérité. Sa réputation de buveur, fêtard et homme du peuple est tout à l'image de la guitare.

Cet instrument est devenu l'instrument de la basse ville, semblant accompagner en musique l'urbanisation de la capitale. Puisque dans les ruelles, sur les clôtures ou « tamboho », ou les places du village, les jeunes chantaient leur quotidien et les « tubes » de l'époque. Des quartiers comme Behoririka, Ampandrana, Soanierana... abriteraient les meilleurs joueurs de guitare.

Vers l'indépendance de Madagascar, c'est le phénomène de variété acoustique, qualifié par rapport au courant américain de l'époque de folk, qui a porté au firmament la six-cordes. Des groupes comme Mahaleo et Lôlô sy ny Tariny ont magnifié cet instrument. Comme le seul approprié à accompagner ce genre, le troubadour conscient.

Ailleurs, ce sera au tsapiky de définir une autre trajectoire. Fait de picking et d'impensables réglages en « opens », ce style avait comme principal maître Rabloky, un virtuose habitant Tuléar, dont les recherches ont affiné et inspiré plusieurs artistes locaux. Actuellement, trois joueurs venant de la partie sud de Madagascar font la renommée de la Grande île : D'gary, Damily et Teta.

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