Guinée: Qui pour sauver le Navire Guinée qui tangue?

17 Janvier 2020
opinion

Les crises socio-politiques se multiplient en République de Guinée. De la lutte contre le changement constitutionnel aux élections législatives du 16 février 2019 en passant par la grève déclenchée par le syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) et les discours à caractère ethnocentrique, le cocktail est réuni pour que le Navire Guinée chavire si rien n'est fait.

Dans le combat du FNDC, près de 30 personnes sont tombées sous les balles des forces de l'ordre, sans parler des blessés, les arrestations arbitraires et condamnation des leaders et partisans du front, mais aussi les destructions de biens publics et privés et les exactions sur les populations de Ratoma habités en majorité par des ressortissants du Fouta Djallon.

À Kankan, une vingtaine de boutiques et magasins, des habitations et le siège de l'UFDG ont été pillés et certains brûlés sans que les auteurs et commanditaires ne soient inquiétés.

Cellou Dalein Diallo leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et chef de file de l'opposition guinéenne a récemment fait savoir que c'est la communauté peule qui est visée. Cette thèse est partagée par la majorité des peulhs et certains activistes des droits de l'homme.

Les élections législatives sont annoncées pour le 16 février prochain. L'opposition qui dénonce de graves irrégularités dans le processus électoral refuse de participer à ces élections et promet de les empêcher.

À cela s'ajoute la grève des enseignants. Là aussi deux jeunes dont une élève tués dans la commune de Ratoma. Depuis 2011, environ 130 jeunes originaires du Fouta Djallon ont été tués par balles dans des manifestations sociopolitiques dans la commune de Ratoma et en moyenne Guinée.

Les appels à la vengeance sont récurrents sur les réseaux sociaux. Beaucoup d'observateurs redoutent que cela soit cause d'un repli identitaire. Les religieux, sages et communauté internationale doivent agir pendant qu'il est temps pour éviter que le pays bascule. Si tous ceux-ci croisent les bras sans réagir, il y a lieu de se demander, qui pour sauver le navire Guinée qui tangue?

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