Sénégal: Sécurité Routière au Sénégal - Une meilleure coordination entre les acteurs préconisée

17 Janvier 2020

Impliquer les populations, les forces de défense et de sécurité, la société civile, c'est ce que proposent les acteurs du projet «Roadmaps to security in Senegal and Burkina Faso» pour améliorer la sécurité routière.

Dans le cadre de l'amélioration de la sécurité routière, le consortium Partners West Africa-Sénégal, Partners Global et la Fondation pour la sécurité du citoyen (Fosec), en partenariat avec le Bureau international chargé de la lutte contre les stupéfiants et de l'application des lois (Inl) du Département d'État américain, avaient mis en place un projet appelé «Roadmaps to security in Senegal and Burkina Faso».

Selon le général Mouhamadou Keita, Président du Conseil d'administration de Pwa Sénégal, qui faisait le point sur les résultats de la première phase, il est apparu que la collaboration entre les différents acteurs est primordiale pour relever le défi. Il estime que la circulation routière obéit à de multiples besoins et fait face à plusieurs problématiques. C'est pourquoi, dit-il, il est important d'associer la société civile. «En plus d'avoir renforcé les moyens des sapeurs-pompiers, le Chef de l'État a dédié l'année 2020 à la sécurité routière. Parallèlement, il a renforcé les moyens des sapeurs-pompiers.»

«Dans les résultats de la première phase, il est apparu la nécessité pour les acteurs, qu'ils soient forces de défense et de sécurité, société civile ou usagers, de travailler ensemble pour améliorer les lois en vigueur», a-t-il soutenu. Selon lui, pour l'amélioration, il y a beaucoup d'autres aspects qui entrent en compte comme le terrorisme, la migration irrégulière. Pour Tulinabo Mushingi, ambassadeur des États-Unis au Sénégal, l'insécurité routière est une urgence au Sénégal.

Première cause de décès chez les jeunes

L'accident de la circulation est la première cause de décès chez les jeunes. C'est pourquoi, la première année de mise en œuvre du projet a été consacrée à l'élaboration d'une feuille de route. Pour y arriver, confie-t-il, il a fallu une analyse politique et économique de la sécurité routière, une enquête de perception des citoyens... «Nous savons que les routes sont utilisées non seulement pour le transport régulier, mais aussi pour le trafic criminel de drogue, de produits illicites et l'émigration clandestine qui sont des facteurs majeurs d'insécurité. C'est pourquoi, il est important que les populations s'approprient les initiatives pilotes», a-t-il expliqué. Aux yeux de Cheikh Tidiane Gadio, Vice-président de l'Assemblée nationale, la sécurité est le seul secteur qui n'est pas l'apanage des spécialistes. Aussi, estime-t-il nécessaire que la question soit adoptée par les populations.

Satisfaits des résultats, les acteurs ont décidé de lancer la phase 2. Selon la Directrice exécutive de Pwa Sénégal, les bailleurs ont accepté de financer la deuxième phase qui permettra non seulement d'avoir un maillage national en ciblant deux autres axes tout en maintenant ceux déjà entamés. «Le Mali et le Niger seront pris en compte dans cette deuxième phase pour une approche Sahel», a-t-elle confié. Même si le montant de la phase 2 n'a été dévoilé, la première a été financée à hauteur de 2,5 millions de dollars.

TRONCON DAKAR-TAMBA-BAMAKO : 455 accidents enregistrés en avril 2019

Les accidents de la route constituent une sérieuse équation pour les populations. Selon Tulinabo Mushingi, Ambassadeur des États-Unis au Sénégal, sur le tronçon Dakar-Tambacounda-Bamako, rien que pour le mois d'avril 2019, il y a eu quelque 455 accidents recensés, soit près de 15 accidents par jour.

GORA KHOUMA, SG DE L'UNION DES ROUTIERS DU SÉNÉGAL . «Il faut réduire les postes de contrôle»

Pour améliorer la sécurité routière, il ne faudrait pas occulter le bien-être des conducteurs. C'est l'avis de Gora Khouma, Syndicat des transporteurs routiers. Il est important, de son point de vue, de réduire les postes de contrôle. «Il y en a trop. Pourquoi ne pas les regrouper et en faire des postes de contrôle mixte ? Cela existe dans beaucoup de pays», préconise-t-il. Gora Khouma estime que le permis à points annoncé par les autorités n'est pas une bonne idée. Selon lui, on ne peut pas copier les réalités françaises sans réfléchir sur les nôtres. «Nous n'avons ni les mêmes routes, ni les mêmes mentalités. Ce qu'il faut, affirme-t-il, c'est être plus rigoureux dans les visites techniques et dans l'octroi des permis de conduire.»

Plus de: Le Soleil

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