Congo-Kinshasa: Ebola à Beni : Jean-Jacques Muyembe réconforte les populations menacées par l'épidémie

Le passage en ville de Beni du secrétaire technique multisectoriel de la riposte contre la maladie à virus Ebola en RDC aura été réconfortant pour la population de la région. C'est à un moment, se dit-on, où le scepticisme envahissait de plus en plus les esprits des habitants qui redoutaient déjà le regain à grande échelle de l'épidémie dans ce coin que docteur Jean-Jacques Muyembe a apporté un message d'espoir pour l'avenir.

En provenance de Kinshasa, le coordonnateur de l'équipe technique de lutte contre Ebola est arrivé en ville de Beni vendredi 17 janvier. A la presse, il a révélé qu'il est dans ce coin pour deux missions principales : encourager les équipes sanitaires affectées sur le terrain d'abord, mais aussi faire l'évaluation de l'évolution de la maladie en vue de peaufiner de stratégies idoines de riposte, ensuite.

Sur une bonne voie

Après être entré en contact avec les responsables de la riposte, le docteur Muyembe s'est montré confiant pour la suite. Alors que de nouveaux cas du virus ont successivement été identifiés au laboratoire plus de 29 jours après, le coordonnateur de l'équipe technique de la riposte s'est mis à apaiser les esprits. Pour lui, la situation s'améliore davantage, que des cas qui inquiètent Beni ne sont pas autochtones. Toutefois, il appelle à la conjugaison des efforts pour sauver l'Ituri, resté épicentre de la maladie.

« Je suis venu de Kinshasa pour m'enquérir de la situation sur le terrain. Ma mission, c'est d'abord venir encourager les équipes qui sont sur le terrain et également évaluer la situation. Ebola ne fait pas surface à Beni, les cas que nous voyons, ce sont des cas importés, qui viennent donc de l'Ituri. Le foyer, c'est donc maintenant l'Ituri, nous devons maintenant renforcer nos équipes et améliorer nos activités du côté de l'Ituri. Dès qu'Ituri est maîtrisé, il n'y aura plus de cas ici à Beni. D'une façon générale, nous pouvons dire que ça va de mieux en mieux et que la transmission sur le terrain, ça se fait dans des chaines bien connues, et nous pensons que nous sommes sur la bonne voie et que dans les jours à venir, nous aurons de très bonnes nouvelles sur l'évolution de cette épidémie ».

La réussite de l'adhésion populaire

Les agents de santé notent que si depuis quelques semaines la courbe épidémiologique a fléchi, c'est principalement parce que la population a pris conscience de la gravité de la maladie. Les résistances ainsi que d'autres attaques contre le personnel soignant ou affecté dans la riposte ont sensiblement diminué de sorte que leur mobilité ne fait plus problème à divers endroits. Docteur Jean-Jacques Muyembe salue cet engagement, espérant que seule l'adhésion populaire aux actions de la riposte permettra l'éradication rapide de l'épidémie. Il exhorte tous les habitants à s'approprier la lutte contre Ebola.

« Je suis vraiment très fier, car j'ai trouvé sur place des locaux, des gens qui parlent la langue de la région et qui sont compétents. C'était là notre politique, celle d'engager et de remplacer tous les experts internationaux et même ceux qui viennent de Kinshasa, les remplacer par des locaux. J'ai compris que la population commence à adhérer au message porté par les équipes de riposte et nous demandons que 100% de la population reconnaissent qu'Ebola existe. On ne peut pas lutter contre Ebola sans l'implication de la population, maintenant que la population commence à comprendre que Ebola existe effectivement, elle prend des mesures pour éviter des contaminations ».

Le Canada et l'ONU s'y mêlent

Jeudi 16 janvier, le gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita, a reçu en audience la ministre canadienne en charge du développement international, madame Karina. Au cours de leur tête-à-tête, les deux interlocuteurs ont notamment parlé de la nécessité de mutualiser les efforts dans la lutte contre Ebola au Nord-Kivu. Le Canada a ainsi exprimé sa volonté d'appuyer les autorités congolaises dans leur démarche de mettre fin à l'épidémie. Le ministère provincial ainsi que le docteur Jean-Jacques Muyembe ont pris part aux échanges.

Mais, peu avant cette délégation canadienne, le gouverneur Kasivita a reçu, mercredi 15 janvier dernier, une équipe de l'inter agences des Nations Unies venue de New-York pour les mêmes fins. Conduite par madame Najat Rochdi Team, leader et directrice du projet Peer-2-Peer, (P2P), cette délégation a indiqué qu'elle venait pour évaluer et voir de près la qualité de l'assistance internationale déployée dans la lutte contre Ebola, selon monsieur David Gresly, coordonnateur des interventions d'urgence de l'ONU pour la lutte contre Ebola, membre de cette délégation.

Pour sa part, l'autorité provinciale du Nord-Kivu a appelé aux actions intenses pour éradiquer cette maladie qui a trop duré au pays. Bien que déplorant encore l'existence de certains foyers de résistance dans la région de Beni, Nzanzu Kasivita a tout de même salué les avancées significatives enregistrées ces derniers jours.

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