Algérie: Intoxication au CO - 30 personnes décédées au cours de la première quinzaine de janvier 2020

Alger — Trente (30) personnes ont trouvé la mort et plus de 270 autres ont été secourues au cours de la première quinzaine du mois de janvier en cours dans des accidents d'intoxication au gaz de monoxyde de carbone (CO), a-t-on appris auprès du directeur de l'information et des statistiques à la Direction générale de la protection civile, le colonel Farouk Achour.

Dans une déclaration à l'APS, le colonel Achour a fait état de 30 personnes décédées suite à l'inhalation du CO à leurs domiciles, et de plus de 273 autres secourues depuis le 1er janvier courant, contre 145 personnes décédées et 2000 autres secourues l'année écoulée.

"Ces chiffres sont en hausse en dépit des campagnes de sensibilisation lancées par les services de la Protection civile", a précisé le colonel Achour qui s'est dit consterné par les accidents répétés, en raison des émanations de ce tueur silencieux.

Pour lui, ces accidents sont dus à la mauvaise installation "des équipements de chauffage par des personnes non qualifiés, outre l'absence d'entretien et le non contrôle des équipements vendus au marché".

A ce titre, ces mêmes services prodiguent des conseils et des orientations sur l'utilisation des équipements de chauffage en direction des établissements scolaires, des universités et des centres de la formation professionnelle, et organisent des caravanes en coordination avec l'Association nationale des plombiers algériens (ANPA), en vue de contrôler ces équipements au niveau des ménages, a indiqué M. Achour, soulignant la nécessité "de respecter les règles et consignes de sécurité, notamment la mise en place des systèmes d'aération".

De son côté, le président de l'Association algérienne de protection et d'orientation du consommateur et de son environnement (APOCE), Dr. Mustapha Zebdi a mis l'accent sur l'impératif d'encourager les citoyens à acheter l'appareil de détection des fuites du CO.

L'APOCE a proposé à Sonelgaz de prelever le prix de cet appareil dans 3 à 4 factures de consommation d'électricité et de gaz afin de permettre au citoyen "de l'acquerir à un prix raisonnable".

Concernant les raisons de ces accidents fréquents, le président de l'APOCE a cité "l'absence du contrôle périodique, de la maintenance et du nettoyage de ces appareils ainsi que le manque d'aération et l'installation d'équipements inadaptés aux ménages, ce qui mène souvent à des accidents tragiques".

M.Zebdi a appelé les familles à "acheter des équipements conformes aux normes en vigueur en vue de préserver leur vie".

De son côté, le chef de service de la protection du consommateur et de la lutte contre la fraude à la Direction du commerce de la wilaya d'Alger, M. Abdelouahab Harkas a réfuté catégoriquement que les appareils de chauffage et chauffe-bains en vente sur le marché national soient à l'origine des accidents d'intoxication au CO survenus au niveau des ménages, affirmant que "le ministère du commerce veille rigoureusement au contrôle de ces appareils, de production locale ou d'importation".

A cette occasion, M. Harkas a fait état de l'ouverture d'un autre laboratoire à Saoula (Alger) qui contribuera à assurer le contrôle de tous les appareils au niveau national.

Le ministère a renforcé le contrôle depuis l'enregistrement des premiers cas de décès suite à une intoxication au CO et œuvre à l'accompagnement de toutes les activités de la Direction générale de la protection civile.

Il a appelé par ailleurs les citoyens à recourir à un plombier qualifié pour le montage et la maintenance des chauffe-bains et des appareils de chauffage et a procédé à leur contrôle de temps à autre par les agents et techniciens de la Sonelgaz.

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