Congo-Kinshasa: Sesanga - « La vraie guerre, il faut la mener contre la désorganisation administrative... »

Au cours d'une faste cérémonie d'échange des vœux organisée, samedi 18 janvier à Kinshasa, le parti politique Envol, par la voix de son président national Delly Sesanga, a donné de la voix sur des questions d'actualité, notamment la thématique liée à la menace à l'intégrité du territoire et de l'indépendance nationale aussi appelée « balkanisation ».

Sans tergiverser, Delly Sesanga estime que le drame vécu par les populations de Beni est un rappel pressant au devoir de mieux organiser les forces armées pour assurer le respect des 2 345 409 km2.

« Faut-il pour autant une déclaration de guerre et l'annexion des pays voisins pour que la sécurité des biens et des personnes soit restaurée sur toute l'étendue du territoire national, que l'intégrité territoriale soit respectée, que l'indépendance nationale soit sauvegardée et la souveraineté du Congo observée ? », se demande-t-il. Et la réponse est non. « Une nouvelle guerre n'est pas une solution ! La vraie guerre, il faut la mener contre le manque de cohésion interne, la désorganisation administrative, la corruption, le clientélisme et le népotisme qi ont gangrené l'appareil d'Etat et affectent son outil de défense. », a-t-il déclaré.

Sesanga est ainsi d'avis que « la RDC est faible des menaces des pays voisins au demeurant permanentes, que des fragilités internes que nous devons combattre ».

Et à l'idée d'organiser une conférence internationale sur la balkanisation, Sesanga s'oppose et argumente en ces termes : « Sans connaitre l'agenda d'une telle organisation, l'idée est pernicieuse. Elle semble même faire écho à ceux qui demandent la révision des frontières. Comment prétendre défendre l'intégrité du territoire et l'indépendance nationale, et en appeler à la convocation d'un forum sur la balkanisation qui serait l'occasion aux larrons de donner une forme préliminaire à telle revendication. Je ne connais pas d'Etat confronté à pareil défi qui prendrait l'initiative de parler de sa balkanisation. C'est une idée abominable qui ne devrait pas germer dans la tête des Congolais ».

Des principes pour la révision constitutionnelle

Il rappelle, à cet effet, que la charte des Nations unies et le sacro-saint principe de l'Union africaine, respect de l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation, devraient constituer le cadre de défense de l'intégrité territoriale de la RDC. « Pour le reste, il faut renforcer notre outil de défense pour en sauvegarder le maintien», ne cesse-t-il de souligner avant de brandir l'Accord cadre d'Addis-Abeba, qui fournit le cadre où la dimension régionale des conflits du Grands Lacs est traitée.

Par ailleurs, dès l'entame de son message, Delly Sesanga s'est réjouit que l'initiative de la révision constitutionnelle, initialement portée par deux élus de son parti, a fini par faire des émules au sein de toute la classe politique.

Cependant, le combat de la révision constitutionnelle n'est pas terminé, rassure-t-il en rappelant trois principes qui doivent guider la démarche : « 1. la révision de la Constitution ne doit pas être conduite au service des intérêts partisans d'un camp contre un autre ; seul doit prévaloir l'intérêt général du pays et les valeurs qui sous-tendent la Constitution de 2006 ; 2. La révision de la Constitution doit se faire dans le respect des acquis, qu'il faut se garder de détricoter, et la recherche d'un consensus du pays, de la classe politique, de la Société civile et de l'ensemble de la population ; 3. La révision de la Constitution en doit pas être l'occasion pour ses pourfendeurs de porter les coups de canif pour confisquer la souveraineté du peuple, qui replongeront, à coup sûr, le pays dans la crise et aggraver le sinistre qui le frappe ainsi la misère du peuple congolais ».

Dans un autre chapitre, Envol reste dans le combat pour la réduction du train de vie de l'Etat.Cette formation politique invite l'ensemble de la classe politique à prendre conscience de la démesure du cout de fonctionnement de l'Etat et de l'effet d'éviction qu'il exerce sur l'investissement dans les infrastructures sociales de base, routes, hôpitaux, écoles.

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