Burkina Faso: Mouvement d'humeur des transporteurs - Les routiers font un arrêt chez le PM

L'un des grands points qui divise les transporteurs ces derniers jours, c'est la mise en place d'une faîtière unique. Par conférence de presse interposée les différents camps ont donné leur position dessus la semaine écoulée.

Les uns avaient menacé d'aller en grève si la faîtière ne prend pas forme dans les jours qui suivent, tandis que les autres se désolidarisaient de ce mot d'ordre.

Le samedi 18 janvier 2020, transporteurs et chauffeurs routiers ont pris la direction de la primature pour concilier les points de vue. A écouter les routiers, l'exercice a porté de bons fruits.

La crise que traverse le secteur des transports ces dernières années méritent bien un détour chez le Premier ministre.

Une forte délégation de transporteurs avec à sa tête Issoufou Maïga, président de l'Organisation des transporteurs routiers du Faso (OTRAF), par ailleurs porte-parole du jour, a échangé de 10h à 13h 30 mn avec Christophe Marie Joseph Dabiré.

A l'issue des échanges, qui, on l'imagine, ont été houleux au regard du temps mis à s'accorder, le porte-parole des organisations de transporteurs a confié ceci à la dizaine d'organes de presse présente : « Nous nous sommes très bien compris.

Le gouvernement et l'ensemble des transporteurs ont la même vision. Nous allons donc travailler main dans la main à résoudre les crises à répétition dans notre secteur. Ce sera une preuve que nous avons bien noté les conseils du Premier ministre ».

Le processus de mise en place de la faîtière des transporteurs, face auquel ils rongent jusque-là leur frein, a été le principal sujet de discussion.

Un délai de 30 jours a été donné aux routiers pour la finalisation de ladite organisation qui se veut inclusive et représentative de l'ensemble des transporteurs ; une chose acceptée par Maïga et ses hommes.

Est-ce à dire que les grèves seront un lointain souvenir dans les jours à venir ? « Nous ne sommes pas dans le secret des dieux, mais je peux vous assurer que nous sommes engagés à arrêter la crise », a répondu le porte-parole.

Etant des membres d'une même entité, à la suite des transporteurs, les chauffeurs routiers ont pris place dans la salle de réunion de la Primature.

Avec eux, les choses sont allées plus vite. Deux heures ont suffi à Brahima Rabo, président des conducteurs routiers du Burkina, et à ses camarades pour soumettre leurs doléances au PM.

Les conducteurs sont revenus sur l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail, tellement leur déclaration à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) par leur employeur. A écouter le conducteur en chef, les violons ont été accordés. « Tout est rentré dans l'ordre maintenant », a-t-il affirmé.

Le dossier des transporteurs et des conducteurs était devenu suffisamment pesant pour le ministre de tutelle qu'il a dû le transmettre à son patron, le PM. Selon Vincent Dabilgou, il y a des problèmes aujourd'hui parce que des textes n'ont pas été pris pour encadrer et organiser le secteur des transports.

Au terme de son mandat, il se doit donc de professionnaliser le secteur. La Banque mondiale, un des partenaires de l'Etat dans les transports, veut en face d'elle une structure unique fédérant tous ses acteurs quand elle exprime le besoin d'échanger avec eux. C'est ainsi que le processus de mise en place de la faîtière a été lancé.

A peine la machine a démarré qu'elle a connu un blocage. « Cela est dû au fait que les transporteurs sont divisés. Nous nous sommes rendu compte qu'il y a deux camps », a expliqué le ministre ; deux parties nées de la mauvaise gestion du fret, selon le premier responsable du département.

C'est une question qui n'a d'ailleurs pas été occultée lors des échanges. Pour Vincent Dabilgou, le nombre de camions dépasse les capacités de fret du pays, ; il urge donc, à son avis, de mettre en place un système inclusif pour mieux réglementer ce secteur.

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