Ile Maurice: Roches-Noires - Akshay Appadoo remet un puits d'antan au jour

Il a restauré seul un puits vétuste se trouvant sur le terrain familial à Roches-Noires. Lui, c'est Akshay Appadoo, 27 ans, qui a eu l'idée de réhabiliter ce puits qu'il a eu en héritage. C'est en septembre dernier que notre interlocuteur a commencé les travaux, malgré les propos décourageants de la part de sa famille. Mais n'empêche, une fois décidé, il ne comptait guère revenir sur son choix.

Akshay, qui gère une quincaillerie, revient sur cette expérience vécue il y a quelques mois. «Ce puits date de plus de 100 ans. Comment je le sais ? Et bien, ma grand-mère a 99 ans et ce puits était là bien avant son mariage. Elle m'a raconté que des gens y puisaient l'eau à des fins domestiques. Aujourd'hui, j'ai restauré ce vestige d'antan car il a une valeur historique à mes yeux. Les prochaines générations pourront jouir de ce puits.»

À l'en croire, des puits du même genre étaient chose courante dans la région de Roches-Noires. Toutefois, il y a eu certains qui n'ont pas voulu les sauvegarder. Déterminé à remettre à neuf le puits, le jeune homme a fait appel à un poseur de pierres en septembre dernier.

Pour commencer, il a fallu poser des pierres taillées tout autour du puits pour en faciliter le treuillage. Cela n'a pas été facile étant donné que le puits était complètement comblé par la terre, de gros rochers, des ordures et d'autres objets amoncelés au fond. «Personne ne voulait m'aider, à l'exception du poseur de pierres qui a accepté de m'assister.»

Faisant fi des préjugés, Akshay Appadoo décide de travailler uniquement à l'aube, soit de quatre heures jusqu'à sept heures du matin. Pour éviter les interrogations pleines de sarcasme. À vrai dire, les gens embêtaient sans cesse le jeune homme : «Fini gagn délo ?»

Au début, confie-t-il, une peur l'habitait. «Je ne savais pas ce qu'il y avait dans ce puits. Quand j'ai commencé à creuser, j'ai vu des choses bizarres, des insectes, des objets divers, sans compter les ordures.»

40 pieds de hauteur

Avant de se glisser dans le puits, Akshaye Appadoo a fait plusieurs tests, notamment en introduisant une lampe de terre dans le puits, à l'aide d'une corde, pour savoir s'il contient bien de l'oxygène. Soulagé de voir que la flamme était intacte, il est descendu peu à peu dans le puits grâce à une échelle qu'il a fait installer.

«J'ai été surpris de voir comment les gens avaient creusé ce puits dans un passé très lointain. Les dimensions sont proportionnelles et parallèles. Au fur et à mesure que je creusais, j'enlevais des débris dans un seau attaché à une corde. Le poseur de pierres m'attendait en haut. Il vidait le seau avant de me le renvoyer à nouveau. Le puits est profond de 40 pieds. Et j'ai pu arriver jusqu'au fond.»

Des ossements et des vêtements

Hormis les grosses pierres, notre interlocuteur est tombé sur des ossements mais aussi des vêtements, des sabres et couteaux dont il ne connaît pas l'origine. Toutefois, il estime que les ossements sont ceux d'animaux. Plus de trois camions ont été utilisés pour éliminer tout ce qu'il a retiré du puits, avoue Akshay Appadoo.

Le jeune homme fait ressortir que c'est en novembre qu'il a pu compléter les travaux. À présent, le puits est restauré. «Les gens peuvent venir le voir, mais il ne faut rien jeter à l'intérieur car c'est avec beaucoup d'efforts et de courage que j'ai pu achever sa remise en état.»

Avec les récentes pluies diluviennes, le puits est à nouveau rempli d'eau. Et Akshay compte bien utiliser l'eau pour cultiver des légumes sur le terrain dont il a hérité.

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