Madagascar: Assainissement des marchands ambulants - L'autorité du régime Rajoelina mise à l'épreuve

Intervention musclée des forces de l'ordre contre les marchands de rue de la capitale.

Les marchands ambulants sont attaqués de toute part. À l'exception de quelques minorités, considérées comme des spécialistes de l'art de la contestation, les Tananariviens soutiennent l'assainissement mené à Antananarivo actuellement. « Les trottoirs sont faits pour les piétons ; la rue pour les véhicules ; et les marchés pour les marchands », soutient-on. À travers les réseaux sociaux, les messages de soutien à l'initiative des forces de l'ordre se multiplient. Les Tananariviens exigent l'application de la loi. Le « sakoroka » survenu à Anosibe vendredi dernier en début de soirée semble avoir touché l'orgueil des Tananariviens, dont la majorité souhaite la fin de l'anarchie. En effet, le combat contre les « mpivarotra amoron-dalana » constitue le premier défi socio-politique important pour le régime Rajoelina, et pour le maire nouvellement investi, Naina Andriantsitohaina. L'autorité de l'État semble être mise à l'épreuve. Il s'agit d'un premier test pour vérifier si les Malgaches ont réellement voté pour la mise en place d'un État fort, qui n'affiche aucune hésitation pour appliquer son autorité.

Anarchie. Nul n'ignore en effet qu'apporter le changement et le développement dans un pays nécessite des dirigeants qui ne doutent pas. Tous les pays africains qui ont réussi à entamer l'émergence ont tous imposé l'application stricte de la loi et de la discipline, tolérance zéro pour les contrevenants. C'est le cas notamment du Rwanda qui, pour lutter contre les marchands ambulants, a initié la méthode des sanctions contre ceux qui achètent des marchandises dans la rue. Cette méthode a été également appliquée en Éthiopie. Anosibe, Anosikely, Andrefan'Ambohijanahary, Analakely, Soarano, Petite vitesse, Behoririka, Andravoahangy, Besarety, 67Ha. Dans plusieurs quartiers de la Ville des Mille, un assainissement est de mise. Si le régime fait machine arrière dans son initiative, l'anarchie sera totale à travers tout le pays. Le changement envisagé ne sera pas atteint et Andry Rajoelina risque de ne pas pouvoir réaliser ses « Velirano ». L'affaire Ambohitrimanjaka en est l'exemple concret. Prévu débuter mi-2019, ce projet considéré comme le projet phare de son mandat, ne voit pas encore le jour. « Tana- Masoandro » se heurte à un mouvement de contestation des riverains. Ne voulant pas opter pour le forcing, Andry Rajoelina a repoussé le lancement des travaux de création de la nouvelle ville, tout en sachant qu'à la fin de son mandat, il sera jugé sur ce sujet.

Urnes. D'ailleurs, considérant que « Tana- Masoandro » n'est qu'un projet utopique, l'opposition l'attend au tournant à ce sujet. Certains observateurs estiment qu'avec les « mpivarotra amoron-dalana », Andry Rajoelina voit son mandat menacé. Pourtant, après l'affrontement qui s'est produit à Anosibe, le régime bénéficie du soutien de la majorité des Tananariviens en particulier, et des Malgaches en général. Les Tananariviens ont soif d'un réel changement. S'il réussit l'assainissement d'Antananarivo et la réalisation de la nouvelle ville d'Ambohitrimanjaka, le TGV sera plus que jamais réconforté dans son... mandat. Les messages d'encouragement fusent de partout, notamment à travers les réseaux sociaux. Nul n'ignore d'ailleurs que les marchands ambulants sont minoritaires à Tana. Sur le plan politique, ces derniers n'ont pas forcément d'influence sur les résultats des élections, dans la mesure où les jours de scrutin, la plupart d'entre eux ne se rendent pas aux urnes, mais continuent leurs activités.

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