Sénégal: "Yelitaaré" - Un "nouveau état d'esprit" pour lutter contre la malnutrition (CLM)

Le projet "Yelitaaré" (développement à la base en pular) est un état d'esprit, une nouvelle manière d'aborder cette question fondamentale de développement de la nutrition en promouvant une approche multisectorielle, a dit le Coordonnateur national de la Cellule de Lutte contre la malnutrition (CLM), Abdoulaye Ka.

Il s'exprimait lors d'une rencontre avec des journalistes, au terme d'une visite de terrain de deux jours organisée récemment pour faire le tour des réalisations du projet dans les départements de Matam, Kanel, Ranérou et Podor.

Pour Abdoulaye Kâ, avec cette dynamique "tous les secteurs qui jouent en rôle sur la question de la nutrition sont impliqués, notamment l'agriculture, l'élevage, la santé, l'assainissement, l'eau, la protection sociale et les questions environnementales".

La CLM est ainsi entré dans la mise en œuvre de cette approche multisectorielle de la nutrition dans ces 4 départements pour "montrer que l'implication de tous ces secteurs permet d'attaquer la malnutrition de manière frontale et directe, les causes profondes, avec une démarche cohérente mettant en synergie les secteurs pertinents".

Il s'agit à travers des interventions dans les domaines de l'agriculture, de l'assainissement, de la disponibilité en eau, avec l'érection de mini-forages comme à Guanguel dans le département de Podor, de "développer une approche qui permettra d'éliminer toutes les formes de malnutrition et d'instaurer un système qui peut être pérennisé, a expliqué Kâ.

"Rendre le système de santé sensible à la nutrition de manière durable, rendre l'écosystème agricole intégrant l'élevage, la pisciculture et les produits forestiers non ligneux également sensible à la nutrition. Telle est notre ambition", a-t-il souligné.

A travers les résultats obtenus avec le nombre de ménages touchés sur les causes directes de la malnutrition, le nombre d'enfants couverts en services de prévention de la malnutrition, les 900 ménages touchés sur les questions d'insécurité alimentaire, la CLM veut ainsi rendre accessibles des aliments sains et nutritifs pour les enfants de moins de 5 ans.

Dans cette approche, des latrines ont été construites également pour 500 ménages dans ces départements cibles.

Selon M. Kâ, "les communautés ont pu bénéficier d'ouvrages agricoles qui permettent aux villageois d'être ensemble et de faire des choix sur des spéculations à valeur nutritive certaine".

La CLM met ainsi en relation les différents acteurs avec comme porte d'entrée les collectivités locales, mais travaille également avec les organisations de la société civile pour la mise en œuvre des interventions. L'Union pour la Solidarité et l'entraide est l'agence d'exécution pour la zone de Matam.

L'attente est de "voir les plans locaux de développement sensibles à la nutrition". "On n'est pas encore en phase d'élimination parce que le projet est de trois ans.

Il a eu un impact certain et clair avec moins de crises nutritionnelles chez les enfants dont la situation s'est nettement améliorée mais il faut du temps pour rendre les différents systèmes résilients", a souligné Abdoulaye Kâ.

La vision de la CLM est de se fixer un horizon d'au minimum une dizaine d'années parce "qu'il y a toujours un niveau de causes à régler qui touchent d'autres populations".

Aussi, le directeur de la CLM a évoqué la zone du Ferlo où les populations sont dispersées. D'où des contraintes d'accès géographique. Mais dans cette zone l'esprit de Yelitaare est de bâtir toute la réponse durable à partir des unités pastorales.

"On est à 30% de notre objectif du Plan stratégique multisectoriel de la nutrition dont les actions sont étalées jusqu'en 2025", a précisé Abdoulaye Kâ.

A cette date, a-t-il ajouté, "nous serons dans une situation acceptable au niveau national avec des services de prévention de la malnutrition, de renforcement de la situation sanitaire des populations et autour d'un environnement propice au développement économique. Le Sénégal pourra se trouver en termes de malnutrition chronique entre 10 et 15%".

A son terme en 2020, le projet Yelitaaré déroulé depuis trois ans, "ne finit pas", a assuré le Coordonnateur de la CLM. "Pour l'Union Européenne et la coopération espagnole Yelitaare ne finit pas, c'est un état d'esprit, et va continuer jusqu'à atteindre une phase d'émergence et de croissance économique", a-t -il précisé.

Il s'agit de "trouver dans chaque zone le déterminant de la malnutrition pour y apporter des solutions avec les communautés".

Le Nord du Sénégal a, pendant longtemps, fait face à des crises récurrentes de malnutrition. La réponse a toujours été basée sur une approche réactive, pendant la période de soudure lorsque ces crises nutritionnelles s'installaient dans la zone.

Avec les centres installées dans les structures de santé (UREN), on procédait au dépistage des enfants pour procéder ensuite à la récupération nutritionnelle.

Avec des stratégies déroulées dans le cadre du projet Yelitaare, la CLM s'est ainsi engagé à analyser les causes profondes de cette forme de malnutrition pour rompre avec cette démarche réactive.

En coopération avec le gouvernement espagnol et sur financement de l'Union Européenne, la CLM a mis en place ce projet depuis 2017.

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